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Tout sur la ouate de cellulose

La vidéo ci-dessous est extraite d'une série de trois vidéo réalisées sur un chantier pendant la mise en oeuvre de ouate de cellulose. Ecoutez toutes les explications.

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Lire l'article et voir les trois vidéos 

 

Ailenergie : 80 particuliers se mobilisent pour l'éolien

Écrit par : Alexandra Lianes dans Interviewséoliencomprendre le  

 Créée dans les Ardennes à Acy-Romance, Ailenergie est une jeune entreprise dont la mission est de développer des parcs éoliens de grande capacité. Depuis décembre 2003 cette société travaille à la création de sept parcs éoliens d'une puissance cumulée de 150 MW. Une action rendue possible par la volonté de quatre-vingt particuliers non-spécialistes de l'éolien mais sensibles à l'environnement.
Jean-Philippe Domange, administrateur d'Ailenergie, chirurgien dentiste de son premier métier, répond aux questions de DD magazine et nous parle de cette aventure passionnante et des difficultés administratives inhérentes à ce type de projet.

 DD Mag. Quel est le statut de la société Ailenergie ?

J.-P. Domange. La société Ailenergie rassemble quatre-vingt actionnaires particuliers. Notre capital de 5 millions d'euros a été réuni en quatre ans. Nous sommes une société anonyme avec un conseil d'administration et des assemblées générales. Les décisions sont prises en assemblée générale comme dans toute entreprise.

Quelles sont vos missions ?

L'objectif d'Ailenergie est de travailler à la mise en oeuvre d'éoliennes à grande capacité, d'une puissance minimum de deux megawatt. Nous avons sept projets de parcs éoliens en cours de création qui, en tout, représentent environ 150 MW de puissance. Pour trois des sept projets nous nous sommes associés.
Nous ne sommes pas des spécialistes de l'éolien, nous avons tous un premier métier. Mais nous avons tous une fibre environnementale. Ce projet a permis d'associer développement local et protection de l'environnement.

Parlez-nous de votre projet le plus puissant

Nous avons un projet de 18 machines dans la marsne pour lequel nous avons obtenu le permis de construire il y a un mois et demi. Nons n'avons pas encore décidé de la puissance par machine que nous allons installer mais ce sera entre 2 et 2,5 MW. C'est un projet d'une puissance conséquente, le plus important que nous développons.
Il s'étend sur le territoire de trois communes. Sachant que chaque éolienne doit être écartée de 700 à 800 mètres pour des raisons techniques, la surface de notre parc s'étend sur environ 27 km². Il sera aménagé sur les terrains d'une centaine de propriétaires.

Vous parlez de développement local, comment vos projets participent-ils à la vie de votre département?

Nous avons choisi à la fois de développer, d'investir et d'exploiter nos parcs. Avec cette gestion, nous avons un retour social, économique et en terme d'emplois sur la région et le département.
Nous sommes à l'origine de la création d'une filière de formation professionnelle de techniciens en maintenance éolienne, une première en France. Cette filière existe depuis deux ans. Elle est ouverte aux titulaires d'un bac pro maintenance ou d'un BTS. En 2006-2007, 13 personnes ont été formées; elles sont 26 cette année. Et toutes ont déjà un emploi.

Comment avez vous procédé pour développer vos projets?

Nous avons toujours été très pédagogues avec les autorités locales et la population par le biais de réunions publiques. On a beaucoup communiqué. Nous ne sommes pas arrivés par surprise. Le fait de travailler avec les autorités nous a permis d'avoir un soutien énorme dans nos projets. On a expliqué que les éoliennes ne font pas de bruit contrairement à ce que l'on peut entendre. On les a emmené voir des éoliennes de dernière génération pour qu'ils puissent s'en rendre compte.

Quand on se lance dans un projet de parc éolien, par quoi on commence ?

On y va d'abord un peu à l'intuition. On regarde le paysage autour de nous. Nous qui sommes des locaux on connaît notre région. Nous avions une idée de l'endroit où il pouvait y avoir davantage de vent et de façon régulière. Cette intuition est ensuite validée par des études.
Mais en premier lieu il faut lever des contraintes d'autorisations des administrations nationales que sont l'aviation civile et de l'armée de l'air. Sans un indice favorable de ces services, rien ne peut être fait. Il faut commencer par réaliser un pré-diagnostic pour s'assurer que le projet n'a pas de contraintes absolues. En cas de contrainte à ce niveau là, ce n'est pas la peine d'aller plus loin.
Ensuite, il y a les aspects environnementaux. C'est très important. Il faut une étude de la faune et de la flore qui dure en général une année, c'est à dire la durée du cycle de vie animalier.
Une fois que l'on a réalisé une étude sommaire sur le passage migratoire des oiseaux, on s'adresse à un fabriquant, spécialiste des mâts de mesures pour faire des estimations de vent. Grâce à ce mât, dont la hauteur varie 50 et 70 mètres, on recueille des données pendant vingt-quatre mois. Nous comparons ensuite nos données avec les cartes de Météo France pour s'assurer qu'elles ne sont pas erronées.
Puis, en fonction de ces résultats, on détermine combien d'heures les éoliennes vont pouvoir fonctionner. On multiplie ce nombre d'heures par le nombre de machines. Et ce chiffre nous permet de déterminer si financièrement il est possible de monter l'opération. Une machine doit fonctionner au moins 2 000 heures pour que le seuil de rentabilité soit atteint. Sinon vous prenez un gros risque financier. En dessous de ce seuil, vous trouvez peu de financeurs pour soutenir votre projet.
En parallèle des études de la faune, on avance sur les études d'impacts paysagers. Il faut aussi aller voir les propriétaires fonciers pour obtenir leur autorisation. Sans leur accord, rien ne peut se faire.
Pour constituer le dossier, il faut compter entre douze et seize mois. Au bout de cette période, on est prêts à déposer le permis de construire auprès des services de l'Etat. En règle générale le délai d'instruction dure douze mois.
Il y a un obstacle de plus dans un projet de parc d'éoliennes: les Zones de Développement de l'Eolien (ZDE). Les élus locaux des communes concernées doivent demander le classement des zones d'implantations en ZDE. C'est une étape où les porteurs de projet n'interviennent pas. C'est une réappropriation de l'aménagement du territoire par les élus. Cette demande ne peut émaner que d'un regroupement de communes, comme la communauté de communes, qui propose au préfet une Zone de Développement de l'Eolien. Des études paysagères, de capacité de branchement sont réalisées. Tous ces éléments sont pris en compte par le préfet qui va ensuite accorder ou refuser cette ZDE. Entre le moment où la communauté de commune a décidé d'obtenir une ZDE et l'obtention il faut compter un an. Le délai légal d'instruction par les services de l'Etat est de six mois.

Une éolienne de 2 MW, combien ça coûte?

C'est une bonne question car nous même avons des difficultés à le savoir. Les prix changent énormément. Les tendances actuelles du marché ne sont pas favorables. La montée en flèche du prix des matières premières est un problème parce que le prix de l'acier augmente tout comme le prix du pétrole. Les fluctuations des prix des machines sont plutôt à la hausse. D'un mois à l'autre, il peut y avoir des variations importantes. Mais pour une machine de 2 MW, il fallait compter 2 millions d'euros il y a deux ans. Je pense qu'aujourd'hui, on peut ajouter au moins 10 % à ce prix. On estime que le prix du megawatt tout compris est de 1,6 millions d'euros.

Quels sont les coûts annexes d'une machine?

La phase de développement (mesure de vent, coût du mât, frais de reprographie, rémunération des bureaux d'études) s'élève entre 400 000 et 450 000 €. Il faut ensuite prendre le compte le coût du raccordement au réseau dont le prix varie en fonction du kilomètre, de la nature du terrain. C'est le réseau de distribution électrique qui détermine les prix. Mais le prix au kilomètre est de l'ordre de 100 000 €. C'est pourquoi les projets proche des postes sources sont les plus prisés. Il faut aussi payer le génie civil pour l'installation de gros cubes de béton où seront ensuite implantées les éoliennes, les chemins d'accès aux éoliennes, sans oublier le coût de la location de terrains.

En tant que producteur d'électricité, vous payez aussi des taxes?

On paie la TVA à 19,6% , la taxe professionnelle et l'impôt sur les sociétés.

Comment financez-vous vos parcs?

On a contacté les banques françaises. C'est là que les études de vent prennent toute leur importance. Les banques vont alors se montrer plus ou moins enclines à vous financer dans une partie plus ou moins importante. Les apports en fonds propres peuvent varier entre 15 et 30%.
Les personnes concernées par le projet peuvent entrer comme actionnaires dans les exploitations. C'est une façon pour nous de leur permettre de s'approprier ces implantations. C'est dans notre optique de favoriser ce genre d'opérations.

Combien de temps faut-il pour amortir une éolienne?

Tout cela dépend de la qualité des projets, du gisement éolien. En général, c'est quinze ans.

Que se passe-t-il après ?

D'ici là, je pense que il y aura eu une évolution technique des éoliennes ce qui nous permettra de les remplacer par des machines plus performantes. Ou alors qu'il y aura de nouveaux moyens de produire de l'électricité avec la pile à combustible par exemple.
Mais de toute façon, nous provisionnons le démantèlement de l'éolienne. Composées d'acier et de fibres de verre pour les pales, elles sont recyclées à 95%. La structure en béton qui supporte l'éolienne est décapée.

Voir notre dossier " Et si on investissait dans l'éolien? "

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