Un jardin désordonné préserve la biodiversité

mercredi 23 septembre 2009 Écrit par  Valérie Tremblay

la pelouse ressemble à une prairie

Pour Ken Thompson, Docteur en botanique, il est facile de créer dans son jardin un petit refuge de biodiversité. Sa recette : arrêter de tout contrôler et laisser la nature faire son œuvre.

Lors du dernier British Science Festival à Brirmingham, au centre de l'Angleterre, Ken Thompson, docteur en botanique montre que la vie sauvage dans les jardins urbains est beaucoup plus complexe qu’il n'y paraît. Sa position est sans appel : des centaines d’espèces de plantes et d’animaux ne pourraient pas survivre sans les 16 millions de jardins anglais. Il serait impossible pour ces espèces de subsister dans un environnement où il n’y aurait que des terres de culture intensive. « Comparé aux terres agricoles modernes, qui subissent la culture intensive, les jardins recèlent d'une plus grande richesse de vie animale, par exemple parmi les araignées, les insectes ou les oiseaux », assure-t-il.

Un refuge vital pour les plantes et les bestioles 

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Un réseau de jardiniers pour la biodiversité

Dans une étude détaillée menée il y a quelques années, Ken Thompson démontre que les jardins urbains offrent un refuge vital pour les plantes et les animaux. Et que, justement, les jardins les plus riches de biodiversité ne sont pas ceux des jardiniers obsédés par l’ordre et la perfection.

De 1999 à 2002, avec ses collègues il étudie la vie sauvage dans 61 jardins de la ville de Sheffield. à sa grande surprise, il y découvre une opulente diversité de flore et de faune. Pour le Dr Thompson, le principe est simple : plus il y a de végétation dans votre jardin, plus il y a d’espace pour que la faune locale s’abrite, et plus il y a de nourriture pour les petites bêtes. « Cela peut sembler bizarre, mais du point de vue de la biodiversité, la plupart des exploitations agricoles amélioreraient leur rendement si on y construisait des lotissements. Car les jardins sont incroyablement diversifiés, même si on les compare aux habitats naturels. Les jardins sont intéressants parce qu’ils sont tellement variés, et la vie sauvage réagit à cette diversité. »

Les secrets d’un jardin riche en biodiversité

« Ne soignez pas votre jardin à l’excès : ne vous précipitez pas pour tout raser quand votre jardin cesse de fleurir. Ici et là, laissez des zones quasi-vierges », conseille Ken Thompson aux participants. Le botaniste a également donné cinq règles d’or à appliquer si l’on veut préserver la biodiversité dans son jardin :

Plantez de larges arbustes et laissez les pousser pour qu’ils deviennent gros. Des arbustes et des arbres bien fournis peuvent abriter et nourrir plus d’espèces sauvages. Laissez des fleurs monter en graines et ne tondez pas la pelouse trop souvent (ou mieux pas du tout, ndlr). Ne soyez pas trop pressé d’enlever les feuilles mortes.

Evitez les surfaces en dure comme les terrases ou les aires de stationnement;

Ne croyez pas qu'il faut un grand jardin pour protéger la biodiversité. Ce n'est pas une question de taille.

Créez une mare spécialement pour les insectes, les grenouilles et les crapeaux. N’y mêlez pas des poissons, qui mangeraient les œufs et larves d’insectes.

La nuit tombée, n’illuminez pas votre jardin. La lumière dérange l’activité des bestioles de la nuit, comme les papillons.

Créez une réserve de compost. En plus d’enrichir le sol, elle constitue à elle seule une réserve naturelle miniature (c'est par exemple le refuge de hérissons pendant l'hiver, ndlr). 

Site du British Science Festival

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