Tramway aérien dans le ciel de New York

mardi 26 octobre 2010 Écrit par  Yves Heuillard

à New-York, après neuf mois de travaux, la société française POMA ressuscite le téléphérique, pardon le "Tram", entre Roosevelt Island et Manhattan, moyen de transport urbain bien DD.

à New York quand on dit " le Tram ", c'est du tramway aérien qui relie Roosevelt Island à Manhattan dont il s'agit. Le Tram avait été construit provisoirement en attendant l'arrivé de la ligne de métro, il y a plus de trente ans. Mais une fois réalisé les habitants de l'île s'opposèrent au démontage. Sans le tram, ils auraient le choix entre les embouteillages et le parking payant en centre-ville, une heure de bus, ou la compression quotidienne dans un métro hyper bondé...

Reste qu'après plusieurs décennies de bons et loyaux services, il fallait adapter l'engin aux nouvelles conditions de sécurité, de fléxibilité et de débit. "Adapter", le mot est faible; disons plutôt reconstruire. L'opération, emblématique du savoir-faire de l'entreprise grenobloise, est aussi l'affirmation du téléphérique, et du transport par câble en général, comme moyen de transport urbain répondant aux préoccupations de dévéloppement durable (voir notre article"Le téléphérique et la ville, une nouvelle histoire d'amour").

gare du télépherique de Roosevelt Island

Ce tramway aérien ultra-moderne met à la disposition des New-Yorkais la technologie la plus avancée en matière de transports urbains par câble. Les chariots des deux cabines sont installés sur des voies larges (les câbles porteurs sont écartés de quatre mètres). Cette disposition novatrice autorise une exceptionnelle stabilité des cabines quelles que soient les conditions de vent et donc une vitesse de déplacement élevée, ainsi que des entrées/sorties de gares plus rapides. Solution aux impératifs de sécurité et d’optimisation du service, les deux cabines fonctionnent de manière indépendante, chacune étant asservie à son propre système de câbles et de moteurs. Ce tramway aérien d’une longueur de 960 mètres relie Roosevelt Island à Manhattan en seulement trois minutes. Chaque cabine pouvant accueillir 110 passagers, l’installation assure un flux de 1 500 personnes/heure dans chaque sens.

Un chantier urbain aux défis multiples

Ce chantier a représenté un défi exceptionnel pour POMA. Les contraintes de délai et réglementation ont été particulièrement exigeantes. Il a notamment fallu composer avec les infrastructures existantes (deux gares et proximité du pont de Queensboro) et ne créer aucune gêne aux voies de circulation surplombées par le chantier et empruntées chaque jour par des milliers de New-Yorkais.

Bientôt l’ouverture au public

La pose de la première cabine a eu lieu le 5 octobre 2010 et dès le lendemain, les premiers essais de roulage ont débuté. Le 8 octobre, la cabine roulait déjà à 8 mètres/seconde, soit sa vitesse nominale définitive ! Au programme des jours à venir, restent la pose de la seconde cabine et surtout les phases de test qui conduiront à la certification finale de l’équipement par le Department Of Labour (D.O.L). L’autorisation d’ouverture de la liaison au public devrait intervenir début novembre. Roosevelt Island Operating Corporation (RIOC), le propriétaire du tramway aérien, devrait donc pouvoir procéder à une inauguration dans les prochaines semaines.

Créée en 1936, la société française POMA s’est imposée comme un constructeur majeur de systèmes de transport par câble, par l’étendue de sa gamme et sa présence géographique, par le nombre de ses références (plus de 7 800) dans 83 pays, par la qualité et la performance de ses installations. Le groupe POMA emploie 850 collaborateurs dans le monde. Transport de personnes, de matériels, de matériaux, dans les domaines de l’industrie, des sports d’hiver, du tourisme, des parcs récréatifs et des transports urbains, toutes les applications entrent dans le domaine de compétence de POMA.

Photo et illustration Poma. DR.

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer votre nom.
Le code HTML n'est pas autorisé.