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| Écrit par Yves Heuillard Le 21 avril 2008 | |
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Qu’est-ce que l’écotourisme, comment le mettre en pratique ? La question n’est pas aussi simple qu’il n'y paraît d’autant que l’engouement légitime pour un tourisme eco-responsable amène certains voyagistes à promouvoir la simple observation de la flore et de la faune, ou le séjour dans un grand hôtel aménagé dans une zone naturelle protégée comme une démarche écotouristique. Et ce sans réelle préoccupation pour la biodiversité ou sans associer les populations locales au projet et à ses retombées économiques. On peut même redouter que l’attrait pour l’écotourisme ne conduise à aménager ou faire découvrir des zones jusque-là préservées ; c’est le cas par exemple des croisières en Antarctique. La disponibilité, chez les libraires, de guides de voyage sur l’Antarctique ne représentant que le sommet de l’iceberg. L'attention aux autres
L'attention à la planètePour les autres critères, ce n’est pas plus simple. Un fois énoncé que l’écotourisme minimise la consommation de CO2, que l’écotourisme respecte l’environnement et la biodiversité, sommes-nous plus avancés ? Concernant le CO2, un avion long courrier, à considérer qu’il soit plein, consomme entre 3 et 4 litres au 100 par passager. Sur des longues distances (une grosse proportion des émissions ont lieu au décollage), un A380 d’Airbus rejette moitié moins de CO2 au km (75g) qu’une automobile (la Commission européenne en a fixé les émissions à une moyenne de 130g de CO2/km pour les véhicules neufs d’ici à 2012). Mais en avion vous faîtes d’un coup des dizaines de milliers de km. Et puis, le rejet des gaz de combustion chauds des avions dans la haute atmosphère, impacte davantage l’environnement que les rejets au niveau du sol. Les systèmes de compensation du carbone proposés par certaines compagnies aériennes (nous reviendrons sur ce sujet controversé) peuvent déculpabiliser, mais ne sont pas déterminants. DDmagazine s’efforcera de revenir sur ce sujet que nous sommes conscients de n’avoir qu’effleuré. Pour l'instant nous nous cantonnerons à vous donner quelques pistes. Conseils PratiquesEvitez les voyages au bout de la planète pour quelques jours de soleil. Tentez plutôt de négocier avec votre employeur des longues vacances pour visiter vraiment un pays. Échangez la vitesse contre la lenteur : vous enrichirez au moins autant votre vie en marchant 200 km à travers l’Europe, qu’en partant 8 jours dans un palace. Anticipez très largement vos voyages et nouez des contacts par Internet avec des habitants du pays ou vous ferez des amis avant de partir. Les réseaux sociaux, Myspace ou Facebook sont idéaux pour ça. Mais nous vous recommandons aussi FlickR (le site de photos de Yahoo), Youtube, ainsi que les forums de Lonely Planet ou du Guide du routard. Vous aboutirez peut être à loger chez l’habitant ou à échanger votre logement avec des gens de l’autre bout du monde (voir nos liens utiles). Lors de vos recherches de voyages ou de chambres sur Google, ajoutez les mots clés relatifs au respect de l’environnement, nature, environnement, durable, biodiversité, responsable ; en anglais nature, green, environment, sustainable, conservancy, ecolodge (ce dernier terme designe un hôtel construit ou géré de manière à respecter l’environnement ). Renseignez-vous de manière quasi-encyclopédique sur le pays de destination. A côté de vos guides de voyages traditionnels, consultez Wikipedia et Wikitravel (préférez les versions anglophones si possible) ou World 66, et dans tous les cas regardez où vous mettez les pieds avec Google Earth.
Toujours en quête de réduction de CO2, troquez la croisière de luxe contre un séjour à la ferme, la thalasso contre un stage de yoga, voyagez chez l’habitant, échangez votre logement (voir les liens utiles). Enfin renseignez-vous sur la situation politique et économique des pays de destinations : l’écotourisme participe d’une démarche citoyenne, qui ne fait pas bon ménage avec l’absence de démocratie, la négation des droits de l'homme, ou la corruption. Références.
Pour biencomprendre ce qu'est le greenwashing, la position du WWF Liens Utiles.
Interntional Ecotourism Society
Ecocomparateur de Voyages-sncf.com
Homelink. Réseaux d'échange de maisons ou d'appartements (inscription payante)
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| Dernière mise à jour : ( 11 juillet 2008 ) |
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Alors le seul vrai écotourisme ne consisterait-il pas à rester chez soi et à s’intéresser davantage à ce qui se passe autour de nous ou un peu plus loin, chez ceux de nos congénères que nous ne côtoyons que trop rarement, parce que les contraintes de la vie quotidienne, parfois les a priori, ne nous y poussent guère. Une position extrême que nous ne défendons pas. Néanmoins un premier critère de l’écotourisme s'impose : l’attention aux autres, et par extension l’attention à ce que les ressources du tourisme profitent aussi aux population locales, ou, a minima, qu’elles ne leur nuisent pas. L’appréciation de ce critère n’est pas aisée : part du chiffre d’affaire générée par le tourisme qui retourne à l’économie locale (salaires, dépenses locales, équipements), impact du tourisme sur le prix de l’immobilier, le prix de l’eau, le prix des denrées, coûts des aménagements publiques, pollution générée. Cette difficulté d’appréciation ouvre les portes à toutes les tentations de greenwashing*, autrement dit au blanchiment vert (par analogie au blanchiment d’argent), une pratique qui consiste à donner des apparences d’écotourisme à des produits qui en sont loin.


Ce mail pour vous indiquer qu'il existe une bibliographie beaucoup plus riche sur le sujet.
Mon ouvrage "Tourisme durable, utopie ou réalité? Editions L'Harmattan, avril 2008 constitue une réflexion globale sur le sujet. Il existe d'autres ouvrages sur l'écotourisme ou le tourisme équitable par exemple.
Enfin notre blog :http://blog.voyages-eco-responsables.org/ donne quantité d'informations sur ces thèmes. Au contraire de certains sites que vous citez, il n'a pas vocation à vendre de voyages.
Bien cordialement
Jean-Pierre Lamic