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Adieu le green de papa, vive la pelouse écologique ! |
| Écrit par Yves Heuillard Le 03 mai 2008 | |||
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vous avez un gazon autour de votre maison, ou vous avez des proches qui ont un jardin, militez pour la pelouse écologique. Avoir un beau tapis vert parfaitement taillé va à l'encontre de toute attitude respectueuse de l'environnement. Pour parvenir à un tel résultat il faut nécessairement tondre fréquemment, arroser, utiliser des herbicides sélectifs, des anti-mousses, parfois des pesticides, engraisser. "Bon pelouse écologique, c'est facile à dire, je fais quoi ? Je la laisse pousser, je mets des chèvres dans mon jardin, ils sont marrants à DDmagazine..." . D'accord, ce n'est pas si simple, mais si vous avez envie d'affirmer votre DD attitude, la pelouse est un bon moyen. D'autant qu'au delà des aspects techniques, une pelouse "nickel" revêt une dimension culturelle dont il n'est pas si facile de se débarrasser. C'est même un objet de fierté. Attendez-vous donc à subir le quand dira-t-on ou les risées de vos voisins, et même peut être des réactions agressives de monsieur Petite-pelouse-gros-tracteur.
Utilisez, si possible, une tondeuse à gazon manuelle.Ceci vous paraîtra peut être d'un autre âge, mais si vous disposez d'une surface de gazon inférieure à 600 m² c'est un must, jusqu'à 1000 m² c'est faisable. Vous ne polluez pas, vous ne vous asphyxiez pas, vous ne dérangez pas les voisins par le bruit, vous ménagez vos facultés auditives, vous faites des économies, vous faites de l'exercice, et en prime c'est amusant. Sans compter la douce odeur de l'herbe fraîchement coupée. La tondeuse à gazon manuelle vous permet aussi de créer des motifs dans votre gazon en taillant plus ou moins haut ici ou là. Vous pouvez aussi laisser des parties sauvages, créer des allées sinueuses, des recoins secrets pour les amoureux. Le plus dur c'est de trouver la bonne tondeuse avec une largeur de coupe suffisante (50cm). Reportez-vous à notre article technique sur le sujet. Au delà de 1000 m² c'est une question de forme physique ou de détermination. A moins que vous ayez des enfants ados, et dans ce cas, une bonne répartition des tâches dans le genre "8 en math tu tonds la moitié de la pelouse" est chaudement recommandée. Notons aussi la disponibilité de la tondeuse à électrique (voir notre article). En ce qui concerne les grandes et très grandes surfaces. rien ne vaut la tondeuse à quatre pattes, quitte à vous ménager un petit espace de gazon tondu mécaniquement. La chèvre ou l'âne bien que de très bonne compagnie, ont le défaut de s'attaquer parfois à l'écorce des arbres. Les moutons sont un peu plus sages, mais demandent un soin particulier. Le mieux de toute évidence, ce sont les petits chevaux dont certaines races très rustiques, peuvent servir à la traction, restent au pré toute l'année, et amusent les enfants. Vous participez en outre à la préservation des espèces d'un animal fort attachant. Notez tout de même que ces bestioles arrachent plutôt l'herbe qu'elle ne la coupe, mais après tout, les prairies des agriculteurs ne s'en portent pas si mal. J'arrache mais je fume... Et si, abandonner la tondeuse à moteur, n'est pas possible, essayer de constituer un petit groupe de voisins pour acquérir un petit tracteur. Il sera moins bruyant et plus rapide, plus efficace, et souvent moins polluant que la petite tondeuse autotractée, avec un prix de revient par foyer bien inférieur. Nous vous concédons que cette démarche n'est pas facile. Mais le sens du collectif (nous reviendrons sur ce sujet) est un formidable réservoir d'économie d'énergie (voir aussi notre article sur les sites solidaires). Une autre façon de résoudre le problème est de faire tondre par un professionnel. Vous créez de l'emploi près de chez vous, plutôt que d'immobiliser un tas de ferraille qui pue l'essence dans votre garage.
Prenez la décisonMettez vous dans l'idée que vous ne voulez plus d'un green à l'anglaise ou d'un gazon de golf, mais d'un petit bout de prairie, autour de votre maison. une prairie avec des dizaines de variétés d'herbes différentes et surtout des fleurs, pleins de fleurs, de toutes les saisons (paquerettes, coucous, primevères, jonquilles, violettes, coquelicots). Prenez conseil auprès de vendeur ; il existe des mélanges tout prêts. Consultez par exemples le site pelouse-net ou le site de Delphin et Thierry Jouet et bien sûr Plantes et jardins qui vend des mélanges dits "prairies fleuries". Discutez avec les paysans locaux, surtout les éleveurs, pour identifier les graminées qui faisaient les prairies naturelles de vos arrières- grands-parents. Essayer même de semer ces grandes graminées soyeuses qui ondulent sous le vent. Et pourquoi pas quelques touffes de variétés anciennes de blé, ou de seigle, qui feront, l'été venu, de belles gerbes sèches. Vous verrez qu'avec les fleurs, viennent les papillons, les abeilles, les bourdons, et une myriades de petits insectes qui attirent les oiseaux le jour, et les chauve-souris le soir et même les hérissons, une fois la nuit venue. Mais que de monde sur votre pelouse ! Une pelouse qui vit, qui sent bon, qui bruisse, qui change selon les saisons. L'eauN'attachez pas trop d'importance à la couleur verte de votre gazon. Si vous habitez la Normandie, votre herbe sera verte en toute saison (sauf saison particulièrement sèche). Dans le sud de la France, l'été, votre bout de prairie se transformera en paillasson. Où est le problème ? Si vous avez pris garde à semer des espèces adaptées à votre région, donc capables de résister aux variations du climat local, dès les premières pluies vous verrez des petites pousses vertes. Donc, vous pouvez vous passer d'arrosage. Sauf à récupérer l'eau de pluie en quantité suffisante. Si vous habitez des régions particulièrement arides, ne vous évertuez pas à faire un green à l'anglaise. Choisissez des plantes adaptées à la sécheresse en évitant les plantes exotiques. Voir Pelouse.net ou Graine de gazon sur le sujet ; mais surtout ouvrez l'oeil et interrogez les professionnels à côté de chez vous. Deux mots encore sur la sécheresse : l'humus (le stade final du compost) retient énormément d'eau ; plus la plante est haute, plus les racines sont profondes. La coupeNe taillez pas votre pelouse trop ras. L'idéal, se situe autour de 8 à 12 cm, soit probablement 2 à 4 cm au dessus de votre coupe actuelle. Vérifiez au moment de l'achat que la hauteur de coupe de votre tondeuse le permet (vous pouvez aussi modifier les roues). Au début du printemps, laissez monter l'herbe de manière à profitez des fleurs, qui se ressèmeront d'elles même pour les années suivantes, et attireront abeilles, bourdons et autres insectes qui sont vos alliés dans l'entretien de votre écosystème. Le risque c'est d'obtenir alors une herbe trop touffue, difficile à tondre (surtout à la tondeuse manuelle). La présence dans votre petite prairie de plantes basses (du petit trèfle blanc par exemple) vous évitera cela ; ensuite tondre, avec des lames affûtées. En cas de forte chaleur il est préférable d'espacer les tontes. Une lame affûtée coupe les tiges, une lame émoussées, les déchiquette, rendant le repousse plus difficile et la plante vulnérable (le bout des tiges devient plucheux et jaune). Quant à la périodicité de la coupe, les professionnels recommandent de ne jamais couper plus du tiers de la plante. La principale raison est physique : au delà la plante a tendance à se coucher lors de la tonde. Mais si vous vous faites une petite prairie, avec des plantes basses, des herbes folles, des milliers de fleurs, ce sera tellement beau que vous n'aurez plus envie de tondre. A l'extrême limite vous retrouvez l'usage de la faux. Mais là c'est une toute autre paire de manche.
Le sol, l'engraisSi vous avez pris le soin de choisir des plantes adaptées à votre région, vous n'avez pas besoin d'amendement pour corriger la composition du sol, ni d'engrais de synthèse. Pour un gazon traditionnel, il est préférable d'avoir un sol très légèrement acide (Ph 6,5 -7). S'il est trop acide, vous pouvez lui apporter de la craie, s'il est trop alcalin, du soufre ou du gypse. Mais le mieux c'est d'adapter la pelouse au sol et pas l'inverse, sinon c'est un puits sans fond. L'engrais le moins cher c'est le résidu de la plante elle même. Autrement dit, sauf à avoir laissé la plante monter trop haut, ne ramassez pas l'herbe coupée. Elle fane rapidement, se transforme en chaume au pied des plantes, puis en humus . A l'inverse l'engrais peut provoquer une croissance exagérée de la plante dont il résulte plus de coupes, et une couche de chaume trop importante. En complément vous pouvez aussi utiliser votre propre compost, mélangé éventuellement à un peu de cendre (attention la cendre est alcalinisante), ou si vous habitez la campagne, du fumier. Quand un engrais est nécessaire, choisissez un engrais à libération lente pour ne pas nuire aux microorganismes du sol. L'aération du sol, souvent préconisée, (avec un scarificateur) n'est pas nécessaire, si le sol est bien vivant (vérifiez la présence de vers de terre après la pluie). Les mauvaises herbesIl n'y a pas de mauvaises herbes, seulement des herbes indésirables dans votre petite prairie, par leur propension à se développer au détriment des autres herbes. Si vous suivez la nature, autrement dit si vous n'essayer pas de lui imposer des plantes non adaptées au climat et au terrain, vous ne devriez pas avoir de souci. 15 % de ces soit disant mauvaises herbes dans votre pelouse, ne se voient pas. Sachant que les dites mauvaises herbes sont généralement utiles à l'équilibre faune-flore, aérien et souterrain, de la pelouse. A l'inverse, l'utilisation d'herbicides sélectifs et de pesticides empêche le développement des micro-organismes et des vers qui décomposent le chaume en nutriments et aèrent le sol. Tout se tient. Dites vous que les prairies n'ont pas attendu les hommes pour exister. Laissez la nature vous conduire, elle se laissera volontiers apprivoiser pour s'offrir à vous dans ses plus belles parures. Dans bien des cas d'ailleurs faire une pelouse écologique consiste à laisser faire, laisser pousser, laisser venir les fleurs, intervenir le moins possible. Le plus important c'est d'assumer, car on ne manquera pas de vous faire comprendre que vous êtes un peu zinzin. La pelouse, leçon de chosesN'est ce pas passionnant ? Avec ce regard, votre petite prairie prend l'aspect d'un véritable laboratoire écologique. Si vous avez des enfants, faites l'acquisition d'une loupe binoculaire (grossissements 40) et observez, les herbes fraîches, le chaume, la terre, et admirez la vie qui s'y développe. Et le cas échéant faites vous une petite salade de pissenlit, de votre propre pelouse. Comparez-le avec le parfait gazon à l'anglaise de votre voisin ; vous aurez là une merveilleuse leçon de choses et votre petit laboratoire écologique. Sachez aussi qu'à certains endroits de votre jardin, sous les arbres par exemple, certaines plantes ne pousseront pas. Trouvez celles qui s'y adaptent bien, ou laissez venir, mais ne persistez pas contre nature. La mousse ou les fougères ne sont pas des intrus. Et si vous trouvez en face d'un problème difficile, une invasion de taupes par exemple, plutôt que d'empoisonner votre terre, (dont vous ferez peut être un jour, un potager) mettez vous à la place de dame nature, et vous aurez tôt fait de redécouvrir le chat. Autres liens utilesEncore mieux que la pelouse écolo ou la prairie, le site Jardin fleuris propose des jachères fleuries, carrément sauvage, mais c'est beau. Consultez les forums de aujardin.info Site du jardin botanique de la ville de Montréal
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Commentaires (2)
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Les plantes tapissantes : une autre alternative à la pelouse Par Alexis, 21 août, 2009
Bonjour,
Cet article est très intéressant, c'est magnifique une jachère fleurie et je me laisserai sans doute tenter. Mais pour ceux qui ne se sentent pas encore de franchir le pas et qui veulent un espace uniforme vert et au ras du sol, il existe une autre alternative : les plantes tapissantes. Il en existe une bonne quantité d'espèces pour tous types d'exposition et de sol. Pour ma part, j'ai choisi la dichondra repens, une plante tapissante aux petites feuilles vertes en forme de haricot qui s'étend rapidement et qui reste à 5-10 cm du sol. De plus, elle ne demande pas beaucoup d'eau, une infime quantité comparée à celle qu'il faudrait pour maintenir le vert d'un gazon au niveau de celui de la dichondra. Pour plus d'informations sur les plantes tapissantes, voici un site très bien : http://www.jardin-sec.com/... Ecrivez un commentaire
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| Dernière mise à jour : ( 04 janvier 2009 ) | |||
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je suis un jeune étudiant qui vient tout juste d'entrer à l'âge adulte et je commence de plus en plus à m'intéresser à l'écologie. J'ai trouvé votre article très intéressant et cela m'a fait ouvrir les yeux sur ce sujet. Vous donnez de très bon conseil et j'aimerais pouvoir les mettre en pratique plus tard.
Cependant je trouve toutefois que de se faire une telle pelouse est un peu inapproprié quand nous sommes dans un gros centre urbain (laisser pousser pleins de fleurs et garder son herbe assez longue, ...), mais il est vrai que l'on peut très bien se priver de pesticide et garder un gazon relativement "naturel" tout en le gardant relativement normal comparé aux autres terrains. Il faut laisser aller la nature comme vous dîtes.
Pour les maisons plus "campagnardes" où il y a beaucoup une grande superficie de terrain, je trouve que c'est LA solution à adopter, car non seulement on sauve beaucoup de temps à entretenir son terrain, mais cela donne une allure plus naturelle à la maison.
Il est évident que lorsque je vais avoir une maison plus tard, j'utiliserai vos conseils pour faire ma part à l'environnement!