|
L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a publié le 10 octobre un communiqué sur l’état de ses travaux sur l’évaluation des risques liés aux nanomatériaux manufacturés.
S’appuyant sur une analyse approfondie de la bibliographie scientifique, l’expertise de l’Afsset fait état d’une « nanotoxicologie » en construction, avec des résultats encore peu nombreux, disparates et parfois contradictoires. Il n’est cependant pas possible d’exclure à cette date l’existence d’effets néfastes pour l’homme et l’environnement.
Devant l’incertitude actuelle des résultats scientifiques, l’Afsset recommande donc l’application du principe de précaution.
Les nanoparticules
dans 600 produits
Les nanomatériaux sont
constitués de structures élémentaires dont au moins une des dimensions
varie entre 1 et 100 nanomètres (milliardième de mètre).
Cette très petite taille, comparable à celle
de certaines molécules, leur confère des propriétés mécaniques,
électriques, magnétiques, optiques ou catalytiques particulières.
Environ 2 000 nanoparticules manufacturées
sont d’ores et déjà commercialisées et on dénombre leur présence dans
plus de 600 produits de consommation.
« Les personnels des laboratoires et de la production industrielle sont les plus exposés au risque de contact, de façon généralement chronique, avec des nanomatériaux présents dans leur milieu de travail - d’abord par voie respiratoire, mais aussi par voie digestive ou cutanée », estime l’agence.
En France, environ 7 000 employés des laboratoires et plus de 3 200 travailleurs de l’industrie sont potentiellement concernés. « Or, une enquête menée auprès de ces acteurs fait état de mesures de protection à géométrie variable, faute de méthodes et d’outils de mesure adaptés, et faute de consignes de protection adaptées et harmonisées ».
L’Afsset recommande ainsi la mise en place de structures d’enregistrement et de surveillance des nanomatériaux. Plusieurs réflexions en ce sens sont en cours, auxquelles l’Afsset est associée - en France dans le cadre de la loi Grenelle 2, à l’international autour du dispositif REACH.
Avec l’essor rapide du recours aux nanomatériaux dans des produits de la vie courante, la question de l’exposition de la population générale est également posée. L’Afsset a été saisie en juillet 2008 d’une demande d’expertise à ce sujet par ses tutelles, dont elle a confié l’instruction à son Comité d’Experts Spécialisés « Agents physiques, nouvelles technologies et grands aménagements », qui réunit actuellement un groupe d’experts scientifiques reconnus et indépendants pour l’aider à réaliser son travail d’expertise collective.
L’Afsset remettra son analyse et ses recommandations au second semestre 2009.
Communiqué de l’Afsset
Aussi sur DDmagazine :
Vous avez dit nanotechnologies ?
EWG dénonce les crèmes solaires à risques
Notre guide pratique : " Cosmétiques : éviter les composants à risques "
Rétrolien(0)
|