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Le retour des OGM pourrait coûter cher

Écrit par Alexandra Lianes  Le 05 novembre 2008

Selon une étude du Centre de recherche et d'étude en gestion (CREG) de l'Université de Pau rendue publique publique le 30 octobre, le développement des OGM fait peser de lourdes menaces économiques sur les filières sans OGM en France. L'organisation écologiste, Greenpeace appelle au maintien de la suspension de la culture du maïs MON 810.

" Au-delà des risques environnementaux, sanitaires ou des considérations éthiques, l'existence de produits agricoles OGM sur le marché français, à l'importation ou à la culture, a un coût sur les filières agricoles sans OGM : coûts de séparation, de contrôle, d'approvisionnement... Ces coûts, qui sont aujourd'hui à la charge de ceux qui veulent se préserver des OGM, n'avaient jamais été étudiés", estime Greenpeace dans un communiqué.  L'évaluation du CREG, sollicitée par Greenpeace, s'est faite à partir de filières représentatives : maïs conventionnel, doux et bio pour les filières végétales, poulet Label rouge pour les filières animales, très gourmandes en soja d'importation.

Elle fait apparaître les éléments suivants :

- Les productions ayant un cahier des charges strict sur les OGM, comme le maïs bio, sont amenées à disparaître en cas de généralisation des cultures de maïs OGM ; celles qui acceptent un seuil de présence fortuite jusqu'à 0,9% pourraient survivre, mais avec de nouvelles et coûteuses contraintes.
- Les entreprises des filières non OGM craignent de disparaître si leurs efforts ne sont pas valorisés, notamment par l'étiquetage.
- Le reflux de l'expansion des cultures de soja OGM en Amérique du sud est possible en cas de pérennisation et de valorisation d'une filière brésilienne de soja non OGM à destination des marchés européens.

« En cas de généralisation des cultures d'OGM en France, jusqu'à quand et à quel prix pourra-t-on consommer sans OGM ? s'inquiète Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Cette étude prouve pour la première fois que certaines filières sont condamnées et que d'autres devront assumer un surcoût important… C'est bien le régime du pollué payeur qui est mis en œuvre aux profits des industriels de l'agrochimie ! La préservation d'une agriculture de qualité et du droit des paysans et des consommateurs à produire et consommer sans OGM passe par l'interdiction des cultures d'OGM en France. »

" L'éclairage sur les risques et les conséquences économiques de l'expansion de ces cultures apporté par cette étude devrait être pris en considération par les autorités françaises et européennes, à plus forte raison dans un pays dont la production agricole vit sur une image de terroir et de qualité" poursuit l'organisation écologiste.
En découlent pour Greenpeace deux recommandations :
- La clause de sauvegarde sur le maïs MON 810 doit être absolument maintenue en France.
- La valorisation par l'étiquetage des produits issus des filières animales sans OGM peut permettre de renforcer ces filières et de ralentir l'expansion des OGM dans le monde.

Dans le même temps, l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu son avis sur la clause de sauvegarde française sur le maïs MON 810 activée en février dernier. Elle considère la décision du gouvernement français injustifiée…
Le comité de l’EFSA travaillant sur les OGM considère, dans sa décision rendue publique le 31 octobre, que les éléments fournis sur le maïs MON 810 par le gouvernement français ne constituent pas des éléments susceptibles de justifier l’activation de la clause de sauvegarde. "Au mépris des doutes sérieux soulevés par les études scientifiques, cet OGM ne présente donc pour elle aucun risque sur l’environnement, la santé humaine ou animale. Greenpeace prend acte de cette décision grave qui pourrait ouvrir la voie à la réautorisation de ce maïs en France et la conteste vigoureusement." "C’est pour Greenpeace une nouvelle preuve de l’incapacité de cette agence et de la nécessité urgente de la réformer."

Acutalité des OGM sur le blog de Greenpeace

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Dernière mise à jour : ( 05 novembre 2008 )
 
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