OGM : le maïs MON 810 sans danger pour l’homme, selon l’Afssa

jeudi 12 février 2009 Écrit par  Alexandra Lianes

Dans un avis tenu secret, par l’Afssa, et que le Figaro s’est procuré, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, estime que le maïs génétiquement modifié MON 810 du semencier Monsanto "ne présente pas de danger pour la santé humaine". Dans sa conclusion l’agence remet en cause le rapport  du professeur Yvon le Maho, sur lequel s’est basée la France pour interdire la culture du MON 810.

"L'Afssa considère que les éléments du rapport le Maho (…) n'apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité sanitaire des maïs portant l'événement (le transgène, ndlr) MON 810", rapporte le Figaro.

Un coup dur pour le gouvernement français, et notamment pour le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, qui doit défendre, le 16 février prochain devant la Commission européenne, la clause de sauvegarde activée par la France début 2008.

Pourtant un communiqué du ministère de Jean-Louis Borloo précise que "l’avis de l’Afssa, qui ne concerne que des sujets sanitaires, ne remet pas en cause la clause de sauvegarde, décidée par le Président de la République, sur des fondements environnementaux". Le ministère ajoute : "Le  fondement de  la clause de sauvegarde, qui concerne  la culture en plein champ du maïs Monsanto 810,  repose sur des  risques  jugés sérieux pour  l’environnement et non pas sur  des  risques  sanitaires,  objet  de  l’avis  de  ce  jour  de  l’AFSSA, conforme à ses avis antérieurs"

Rappelons que le gouvernement français avait interdit en février 2008, invoquant le principe de précaution, la culture de cette semence trangénique, suivant ainsi l’avis de la Haute autorité provisoire sur les organismes génétiquement modifiés.

La bataille s’annonce donc rude avec l'Europe d'autant que l'EFSA, Autorité européenne de sécurité alimentaire, avait déjà estimé en octobre 2008 qu’ "aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l'environnement, n'a été fournie pour justifier l'invocation d'une clause de sauvegarde". Le mois suivant, Monsanto avait tenté sans succès de faire lever la mesure devant le Conseil d'Etat.

A noter que comme la France, la Hongrie, l’Autriche et la Grèce ont pris une clause de sauvegarde. La clause française devrait être à l'ordre du jour d'un prochain conseil des ministres de l'Agriculture, probablement au printemps, précise le ministère. 

A lire aussi sur DDmagazine : 

OGM : une loi qui dérange (les arguments en faveur et contre les OGM)

Tous nos articles sur les OGM