OGM : l'Autriche et la Hongrie peuvent interdire la culture du maïs MON 810

lundi 02 mars 2009 Écrit par  Alexandra Lianes

L'Autriche et la Hongrie pourront préserver leurs clauses de sauvegarde visant à interdire la culture du maïs OGM MON 810 sur leurs territoires au terme d'un vote surprise des ministres européens de l'environnement.

Ces derniers se sont réunis ce lundi 2 mars pour voter pour ou contre les interdictions des deux pays contre le maïs OGM de la multinationale Monsanto. Finalement seuls quatre pays ont soutenu la proposition de la Commisson européenne demandant la levée des clauses de sauvegarde décidées par l'Autriche et la Hongrie : Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Filande.

Les ministres se sont également prononcés contre la levée de l'interdiction en Autriche du maïs T25, développé par Bayer.

Une décision de bon augure pour la France et la Grèce qui ont elles aussi adopté des clauses de sauvegardes dont la légitimité doit être votée par les vingt-sept lors d'une prochaine réunion. Le ministère français du DD, via un communiqué, s'est "félicité" de la décision du Conseil de l’Union européenne qui estime que "le vote de ce jour conforte les clauses grecque et française qui concernent également le maïs MON 810".

"En effet, compte-tenu des interrogations des scientifiques et des citoyens sur les impacts environnementaux des OGM, nous souhaitons que soient maintenues les clauses de sauvegarde nationales jusqu’à ce qu’une décision soit prise sur le renouvellement eventuel de l’autorisation de ces OGM, afin qu’une cohérence scientifique et politique soit assurée", ajoute le communiqué du ministère. 

Cette volonté d'imposer la reprise de la culture de MON 810 émance du président de la Commission, José Manuel Barroso qui évoquait avant le vote une possible plainte contre l'UE à l'OMC, avant de préciser que "notre décision se fonde sur les avis de l'EFSA, qui assure que les OGM ne présentent aucun risque pour la santé humaine".

La position du président de la Commission n'a pas manqué d'intriguer et d'irriter plusieurs Etats. « Cette démarche est contreproductive. Beaucoup d'Etats le disent", confiait un diplomate français à l'AFP.

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