La vérité sur les particules fines et l'impact sur la santé

mardi 24 mars 2009 Écrit par  Laurence Parmelan

L'Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a publié mardi 24 mars un rapport et un avis d’expertise sur la pollution de l’air par les  particules fines et son impact sur la santé (Pollution par les particules dans l'air ambiant - PDF). L’avis conclut qu’on ne peut trouver de seuil de pollution au-dessous duquel il n’y aurait pas d’impact sanitaire.

D’après l’Agence, "les expositions fréquentes à des niveaux modérés de pollution ont plus d’impact sanitaire que les pics, en France". Elle  recommande donc de donner la priorité à la réduction des pollutions à la source (combustion du bois, du charbon et du fioul, industries, transports, agriculture…). En effet, souligne l'Afsset, "97% de l’impact sanitaire est attribuable à des niveaux modérés, mais fréquents (inférieur à 50 µg/m3 -microgrammes par mètre cube) et seulement 3% aux pics".

L’Afsset estime même que la mise en œuvre de seuils d’information et d’alerte relatifs aux particules ne présente globalement pas de bénéfice sanitaire substantiel même si elle permet d’informer les populations sensibles et de les inviter à adapter leurs comportements lors de pics.

Cette expertise de l’Afsset a été commanditée en août 2007 par les ministères chargés de l’écologie et de la santé. Une circulaire ministérielle du 12 octobre 2007 fixe des seuils d’information et d’alerte, respectivement à 80 µg/m3 (microgrammes par mètre cube) et 125 µg/m3 en moyenne sur 24 heures.

En mai 2008, une nouvelle directive européenne sur la qualité de l’air a fixé des objectifs de réduction de la concentration moyenne en particules dans l’air ambiant, avec des échéances s’étalant entre 2014 et 2020. En revanche elle n’a pas retenu pour les particules de seuils d’information et/ou d’alerte, contrairement aux cas du dioxyde d’azote, du dioxyde de soufre ou de l’ozone.

Le Grenelle de l’environnement a conclu qu’il fallait mettre en place un plan "particules" avec un objectif de 15µg/m3  (PM2,5), valeur cible en 2010 et obligatoire en 2015, soit une réduction de 30% de la pollution, et avec atteinte à terme de la valeur guide de l’OMS (10µg/m3).

Communiqué - synthèse et recommandations de l'Afsset

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