Dijon invente le développement durable éphémère

mercredi 25 mars 2009 Écrit par  Yves Heuillard

S'il fallait donner une médaille d'or du greenwashing (utilisation abusive d'arguments écologiques), elle irait probablement à la ville de Dijon dont le service de presse n'hésite pas, dans son dernier communiqué, à titrer "Inauguration du jardin éphémère de la ville de Dijon dans le cadre de la semaine du développement durable".

Les journalistes spécialisés au premier chef, mais aussi le grand public, se sont maintenant habitués à voir les promoteurs de produits ou d'actions sans portée écologique, se réclamer d'une manière ou d'une autre, parfois avec talent, de la préservation de la nature et du développement durable. Ici on est plutôt dans la bourde, une bourde tragi-comique, qui révèle à quel point, les politiques poussant parfois l'art de la rhétorique à l'extrême, perdent totalement le sens de leur propos.

Avec ce jardin éphémère dans le cadre du développement durable, l'affirmation (dans le même communiqué) que la ville de Dijon et le Grand Dijon poursuivent et amplifient sans relâche une politique environnementale pour devenir une référence écologique en France, prend du plomb dans l'aile. D'abord pour ne voir dans l'expression "développement durable" qu'une formule vide de sens, qu'on peut associer sans sourciller à l'éphémère, et pour ne pas réaliser qu'un jardin éphémère, aussi noble soit son intention esthétique ou symbolique, n'a rien d'un développement durable.

Soyons bon prince, faire porter le chapeau du greenwashing à Dijon serait injuste. On sourira, de cette bévue, et on retiendra que Dijon et le Grand Dijon ont été mis à l’honneur en novembre 2007 par l’attribution d’une Marianne d’Or de l’environnement et du développement durable pour leurs actions en direction de l’eau, de l’énergie, des transports et de l’assainissement.