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A l’occasion du Salon Européen de la Recherche et de l’Innovation qui démarre auujourd'hui, l’ADEME (Agence de l'Environnement et de le Maîtrise de l'Energie) précise son action en faveur de la recherche et de l’innovation en matière d’environnement. L’enjeu est majeur puisqu’il s’agit de réduire par 4 d’ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre. A ce titre, l’agence s’est vue confier un budget de 100 millions d’euros par an pendant 4 ans, pour encourager l'expérimentation et la conception de technologies nouvelles. Trois appels à manifestations d'intérêt ont été lancés depuis juillet 2008 dans trois domaines : véhicules décarbonés, stockage de CO2, biocarburants de 2è génération. Un prochain appel à propositions devrait concerner les piles à hydrogène.
Les trois domaines en questions, et les investissement qui y sont consacrés visent, pour l'essentiel, à tenter de juguler les rejets de CO2 par le biais de technologies, sans trop changer de nos sociétés : continuer à rouler en voiture, continuer à brûler des combsutibles fossiles. Il n'est bien sûr pas dans les attributions de l'ADEME de refaire le monde, mais il faut rappeler que cette position est souvent critiquée par les écologistes.
Vous avez dit "décarboné" ?
Dans le schéma d'intervention de l'ADEME, les véhicules deviennent décarbonnés, comprenez par là qu'il seront électriques, et que pour être décarbonnée, l'électricité sera produite soit par des panneaux solaires ( voir notre article Combien de panneaux solairex pour alimenter le monde), soit par des réacteurs nucléaires de type EPR (voir notre article Voiture électrique pour tous, combien de nouvelles centrales ?).
Le coût de production de l'électricité nucléaire, de l'ordre de dix fois moins élevé que celui de l'électricité solaire, laisse entrevoir des perspectives fabuleuses pour les industriels du secteur qui poussent à la roue électrique, alors que s'inquiètent les grandes organisations écologistes qui dénoncent les risques du nucléaire (accidents, déchets, prolifération, rejets de radioéléments dans l'air et l'eau, processus autoritaires). Mais cette situation n'est pas figée et la promesse à 10 ans d'une production solaire compétitive avec celle du nucléaire pourrait mettre fin au débat.
Tout au plus, s'étonnera-t-on de l'abscence totale de démonstrateur photovoltaïque dans le dossier de 40 pages diffusé par l'ADEME. Le mot "photovoltaïque" lui même n'est utilisé que dans quelques "exemples à suivre", dont la tour Elithis de Dijon.
Ci-après la liste des projets validés en matière de véhicules dits "décarbonés".
ElLiSup, proposé par IRISBUS, le CEA et EDF, vise à expérimenter deux types de démonstrateurs : un bus hybride équipé de batteries adaptées à la recharge en fin de ligne et un bus tout électrique de taille standard qui permettra d’atteindre un coût d’exploitation proche de celui du diesel.
DHRT2, proposé par TOYOTA, EDF, Ecoles des Mines, et l'INES consiste à réaliser une démonstration à une échelle significative d’une f lotte expérimentale de véhicules hybrides rechargeables avec une infrastructure de charge innovante en site urbain, et à étudier la convergence habitat solaire-transport.
QUAT’ODE, présenté par VELEANCE et CAR&D, propose de réaliser un quadricycle léger électrique et inclinable pour les livraisons urbaines. VEGA/THOP, conduit par VALEO et RENAULT, initie une rupture dans la gestion thermique à bord des véhicules à propulsion électrique. L'objectif est de réaliser un démonstrateur qui améliore l'autonomie des véhicules en abaissant les puissances dédiées à la thermique habitacle et qui apporte des ressources thermiques pour contrôler la température des batteries, donc améliore leur durée de vie.
VELECTA, proposé par AIXAM, le CEA et l’INRETS, vise à réaliser des démonstrateurs de véhicules électriques dans le domaine des quadricycles légers et lourds « sans permis ». Le consortium souhaite intégrer de nouvelles technologies de batteries lithium et une électronique de contrôle des batteries performante.
VELROUE, projet élaboré par MICHELIN, RENAULT et l’IFP, propose grâce à un démonstrateur de recherche, de démontrer la faisabilité d’un véhicule utilitaire bi-mode équipé de moteursroues sur le train arrière.
WATT, élaboré par la société PVI, vise à réaliser un démonstrateur d’autobus électrique utilisant l’énergie stockée dans des supercapacités qui se rechargent aux arrêts des bus. Cette option permet de limiter la quantité de batteries embarquées et favorise une très grande autonomie grâce aux recharges ponctuelles des supercapacités.
HYDOLE, proposé par PSA, FREESCALE et EDF, vise à valider un concept de véhicule hybride à dominante électrique et à fédérer les acteurs a utour de l’émergence d’une fi lière pour les technologies afférentes (moteur électrique, électronique de puissance, batteries, auxiliaires spécifiques, infrastructure de recharge…).
MELODYS, proposé par RENAULT Trucks, PVI et l’IFP, consiste à réaliser 3 démonstrateurs de véhicules hybrides rechargeables lourds (12 tonnes) équipés de moteurs électriques ; ils permettront d’expérimenter leurs usages dans diverses configurations (véhicules pour livraisons urbains, véhicules frigorifiques, bennes à ordures ménagères).
FOREWHEEL, présenté par MICHELIN, HEULIEZ, le CEA, l’ENSMA et ORANGE, ce projet consiste à réaliser des démonstrateurs de véhicules électriques en rupture architecturale complète tant dans l’architecture que dans la motorisation des véhicules. Cette voiture électrique sera mue par des moteurs électriques logés dans les roues (« moteur-roues ») issus de la technologie « Active Wheel » de Michelin. Les démonstrateurs pourront être équipés de deux ou quatre moteurroues qui intégreront les fonctions freinage, suspension, traction/propulsion et direction dans les roues.
Biocarburants de 2ème et 3éme génération
Un autre volet du dossier de l'Ademe concerne la production de biocarburants de deuxième ou troisième génération (développement de technologies de transformation pour convertir une gamme plus large de ressources en biomasse : ressources agricoles et forestières, cultures dédiées, déchets…), ou encore pour de nouvelles filières d’énergies renouvelables ou de convertisseurs d’énergie (énergies marines par exemple). Deux projets on été validés à ce stade.
GAYA porté par GDF SUEZ, a pour objectif de démontrer à l’échelle pré-industrielle la validité technique, économique, environnementale et sociétale de la filière de production des biocarburants gazeux par voie thermochimique. Le projet construira et exploitera, pendant 7 ans, une chaîne complète de démonstrateurs. Le projet, labellisé par TENERRDIS, a permis de créer un partenariat complémentaire entre organismes de recherche (LGC, LSGC, RAPSODEE, UCCS), centres techniques (CEA, CIRAD, CTP, FCBA) exploitants de la filière ressource (UCFF) et industriels (GDF SUEZ, Repotec). Ce partenariat permet de traiter l'ensemble des thématiques de la filière de production.
BioTFuel porté par un consortium réunit autour de SOFIPROTEOL, le CEA, l’IFP, Axens, Total et un partenaire gazéifieur. Le projet ambitionne de mettre au point une licence de procédés pour une valorisation par voie thermochimique de biomasse d’origine lignocellulosique et de charges fossiles (comprenez qu'on ajoute du charbon, ndlr) pour l’obtention de biocarburant de type biogazole et biokérozène. Le procédé prendra en compte l’ensemble de la chaîne de gazéification de la biomasse: préparation et trituration de la biomasse, torréfaction, gazéification, train d’épuration des gaz, synthèse Fisher Tropsch (FT). Le démonstrateur est réalisé à une échelle très éloignée d’une infrastructure industrielle mais devrait permettre de lever les verrous technologiques afin de développer des licences pour des unités de production produisant annuellement 200 000 à 300 000 litres de biocarburants.
Mais cachez moi donc ce CO2
Un troisième volet concerne la capture et le stockage du CO2 (CSC), une technologie qui consiste à séquestrer le gaz carbonique produit par des installations industrielles, une centrale électrique au charbon par exemple, pour l'enfouir dans le sous-sol. Cette technologie est dénoncée par les associations écologistes, pour sa consommation énérgétique, son coût élevé, sa fiabilité et sa pérennité non établies, les risques d'acidification des fonds marins dans le cas d'enfouissement en zone maritime. Pour le moment, un projet a été accepté par le comité de pilotage de l'Ademe :
Pil-ANSU (Pilote d’antisublimation). Le projet « Pil Ansu » a pour objectif la réalisation d’un démonstrateur de captage du CO2 par antisublimation (givrage/dégivrage des gaz) sur les fumées d’une centrale à charbon. Une recherche conduite par l’Ecole des Mines de Paris avec le soutien de l’ADEME, il y a quelques années, avait démontré l’intérêt de ce procédé très innovant de séparation du CO2 dans les gaz de combustion. Suite à cette première opération, Alstom, EDF, GDF Suez et ARMINES se sont associés pour présenter un projet visant à démontrer la faisabilité de ce procédé à une échelle industrielle. Ce démonstrateur sera expérimenté sur une centrale de production d’électricité à charbon existante. L’objectif est de valider cette technologie à une échelle 1/100ème ce qui permettra de la qualifier pour une échelle supérieure. Il s’agit d’une première mondiale sur cette technologie.
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