|
"N’y a t il pas un problème avec l’eau du robinet? Quelle eau faut il boire si on a un cancer ? ». C'est pour répondre à ces questions, souvent entendues par les médecins, qu'une équipe de scientifiques a enquêté pendant plusieurs mois pour le site guérir.fr. Les résultats de ces recherches sont maintenant en ligne. Menée par David Servan-Schreiber, auteur du livre "Anticancer", l’équipe des scientifiques de Guérir.fr a fait le tour de plus de 100 articles publiés dans la littérature scientifique et les rapports gouvernementaux; elle a interrogé plus de 40 experts en France, et obtenu le soutien de 20 scientifiques de renom qui se sont engagés autour d’un texte commun. Guérir.fr est arrivé à une position commune avec le WWF-France, très actif sur cette thématique de l’eau.
Très documentée, l'étude propose un état des lieux des connaissances et donne des recommandations de consommation par rapport à l'eau potable ainsi que par rapport à l'eau en bouteille.
Question connaissances, on apprend ainsi que plusieurs pesticides ont des actions hormonales démontrées (changement de sexe des têtards ou féminisation des poissons dans les rivières). « Comme ils ne sont pas tous éliminés par les unités de traitement de l’eau, des dépassements sont constatés. Il est possible que l’eau contaminée agisse de façon délétère sur les personnes porteuses de cancers sensibles aux hormones (sein, ovaire, utérus, prostate, cerveau, par exemple) ».
Par ailleurs, « la présence de nitrates en excès dans l’eau potable a été associée dans plusieurs études au développement de certains cancers (notamment la vessie, mais aussi dans certaines populations aux cancers de la prostate et de l’estomac) ».
Quant aux substances médicamenteuses, Certaines se retrouvent dans l’eau potable car elles sont mal éliminées par les unités de traitement avant distribution de l’eau de boisson dans le réseau public. « Il n’y a pas d’étude à ce jour associant spécifiquement la présence de ces contaminants à des maladies humaines. Toutefois, plusieurs de ces contaminants ont un effet biologique avéré sur les poissons notamment au niveau hormonal (féminisation principalement mais aussi des effets cancérigènes et d’affaiblissement du système immunitaire) ».
Coté recommandations, le site donne des idées concrètes :
-« Vérifiez régulièrement les analyses de l’eau de votre réseau auprès de votre mairie.
- Si les normes ne sont pas respectées, ou pendant les périodes d’épandage privilégiez une eau de bonne qualité en bouteille ou filtrée
- Si votre eau est très chlorée, laissez aérer au moins une heure dans une carafe l’eau du robinet avant de la boire, pour éliminer le chlore et ses dérivés.
A découvrir aussi, une méthode assortie de vidéos pour savoir comment mesurer les nitrates, le chlore et les les pesticides dans l'eau du robinet. On trouve également les résultats d'un sondage sur la consommation d'eau en France, des informations intéressantes sur les filtres à eau et de nombreuses interviews de spécialistes de l‘eau.
Les conclusions de guérir.fr sont simples : tout comme on doit faire attention à l’eau qu’on donne à un nourrisson, il faut faire attention à l’eau qu’on donne à une personne dont la santé est fragilisée par une maladie comme le cancer. Tout l'intérêt de cette enquête est de donner à chacun les moyens concrets d'y parvenir.
Vous pouvez découvrir la totalité de l’étude en ligne sur le site de guérir.fr.
Et aussi sur DDmagazine
Un autre regard sur le cancer
Une eau dite potable peut être bourrée de pesticides
Rétrolien(0)
|