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Mauvaise nouvelle. En marge du Sommet du G8 en Italie, le Forum des Economies Majeures (FEM *) doit se réunir aujourd'hui, à Rome. Or, les 17 représentants des pays du Forum n'ont même pas réussi à se mettre d'accord sur des objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre. Composé des Etats du G8 et des économies émergentes, les membres du FEM sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L'ONG France Nature Environnement nous livre ses réactions.
Les pays du Forum des économies majeurs s'étaient entendus sur une réduction de 50% des émissions lors des rencontres antérieures. Ce point a été retiré du texte qui doit être discuté aujourd'hui. Les leçons du protocole de Kyoto, dont les effets s’achèveront en 2012, doivent être tirées : il faut un objectif contraignant réellement ambitieux. L’objectif minimum et contraignant de 50% de réduction ne devrait même pas faire l’objet de discussions.
Sébastien Genest, le président de France Nature Environnement (FNE), fulmine. « Cela fait des mois que nous tirons la sonnette d’alarme sur le problème d'une gouvernance démocratique lors de ces négociations. Rien n’a été fait ! Nous réclamons depuis longtemps une vraie réflexion sur la manière de négocier avant même de s’interroger sur le contenu des négociations. » Cet échec terrible est peut-être la chronique annoncée de la mort du sommet de Copenhague.
FNE déplore la personnification du débat actuel sur le dérèglement climatique. Ce n'est pas une question de personnes mais une question de démocratie. Pas question de savoir qui fait pression sur qui mais bien quelle est l’implication des citoyens de ce monde en péril. Sébastien Genest poursuit : « Qui a pensé à l’implication citoyenne ? Qui a pensé à la concertation avec les élus et les corps intermédiaires comme nos associations ? Qui a tiré les leçons des limites du Protocole de Kyoto ? Qui a pensé à la valeur juridique et à l’acceptabilité sociale de l’accord à signer à Copenhague ? Aujourd’hui, alors que l’urgence climatique n’a jamais été aussi pressante, nos dirigeants sont encore incapables de s’accorder sur le plus petit dénominateur commun. » France Nature Environnement demande que les citoyens ne soient pas les spectateurs mais les acteurs de la question centrale du dérèglement climatique.
Des données alarmantes, des dirigeants qui gesticulent
Pour l'ONG, on nage en pleine émission de télé-réalité.« Le débat est personnifié à outrance sur quelques grands dirigeants qui se tapent sur l’épaule, promettent de faire leurs devoirs, mais sont incapables de s’entendre !» L'épisode ressemble à un scénario. « Eteignons la télé réalité et regardons la réalité ! Seule la mobilisation citoyenne permettra de sortir de l’impasse et de tourner la page de Kyoto », affirme Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement.
Les données scientifiques sont alarmantes : tout s’accélère tandis que la communauté internationale reste bloquée, incapable du minimum. Dans le projet de déclaration du FEM, l’objectif a été maintenu de limiter le réchauffement à +2°C par rapport au niveau pré-industriel. Or, d’après les données du GIEC, pour espérer atteindre l’objectif entre 2°C et 2,4°C, il faudra réduire les émissions mondiales de 50 à 85%. Pour espérer être en dessous des 2°C, il faudra réduire les émissions mondiales de plus de 85%. Pour NFE, « soit les dirigeants des pays du FEM mentent, soit ils ne comprennent pas l’enjeu ! »
* Membres du FEM : Australia, Brazil, Canada, China, the European Union, France, Germany, India, Indonesia, Italy, Japan, Korea, Mexico, Russia, South Africa, the United Kingdom, and the United States
Image d'ouverture: pfala@flickr
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