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La plus haute station de ski du monde, en Bolivie, sur le glacier Chacaltaya, va disparaître. Pour cause de fonte des glaces, les skieurs iront ailleurs. La situation est plus préoccupante pour les 2 millions de personnes de la région de La Paz que le glacier abreuvait.
Pour les touristes qui montent au sommet du Chacaltaya - la barrière de glace en langage amérindien Aymara – il est difficile d’imaginer que le pavé de glace en contrebas, de la taille d’un court de tennis, est le dernier vestige d’une piste de ski où, dix ans auparavant, les skieurs dévalaient la pente enneigée pendant dix minutes.
Selon les scientifiques du Centre mondial de la surveillance des glaciers de l’Université de Zurich, interrogés par l'agence d'informations financières Bloomberg, la disparition du glacier du Chacaltaya est attribuée aux émissions des gaz à effets de serre, et en particulier à la combustion du charbon (les suies peuvent rendre la neige un peu moins blanche, ndlr). Mais la glace a fondu beaucoup plus rapidement que ce qu’ils avaient prédit, avançant au départ 2015 comme date où le mont serait à découvert. « Au cours des trois dernières décennies, la température moyenne dans la région de La Paz a augmenté 1.4 degrés Fahrenheit (0.8°C) », constate Felix Trujillo, chef météorologue au Service national (bolivien) de météorologie et d’hydrologie.
La Paz dépend de l’eau de pluie et de l’eau issue de la fonte des glaciers, notamment du Chacaltaya et du Tuni-Condoriri. « Tôt ou tard, tous les glaciers tropicaux, sans exception, vont disparaître », avertit Juan Carlos Alurralde. Cet ingénieur étudie des solutions hydrographiques pour Agua Sustentale , une ONG bolivienne. « Au rythme où vont les choses, la Bolivie, le Pérou, l’Équateur et la Colombie seront privés de ces ressources en eau d’ici quarante ans. »
Le changement climatique engendre une extension des périodes de sécheresse et raccourcit la période de forte précipitations. Depuis le début de l’année, les précipitations enregistrées pour La Paz se situent sous la moyenne, sauf pour le mois de février. « Cette eau alimente les dix sites hydroélectriques qui fournissent près de 80 pourcent de l’électricité de la région », signale Edson Ramirez, hydrologue en chef à l'Université San Andres de La Paz.
La situation pose problème aux populations locales rurales, forcées de migrer alors que les réserves en eau diminuent. Les gouvernement et institutions internationales prennent des mesures, notoirement insuffisantes, afin de trouver des solutions de remplacement. Ainsi, la Banque mondiale accorde 33 millions de dollars en aide au Pérou, à la Bolivie et l’Équateur. Une grosse farce, selon la dépêche de Bloomberg, quand on sait que le seul gouvernement du Pérou investit 1.5 milliard de dollars pour limiter l’impact de la fonte des glaciers sur la production hydroélectrique.
Source : Bloomberg.com
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