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Selon Christian Berdot, spécialiste des agrocarburants à l'association Les Amis de la Terre « La demande européenne croissante d'huile de palme est directement responsable de la déforestation et des conflits sociaux en Indonésie. Si cela continue, la forêt de Bornéo sera détruite ainsi que sa biodiversité exceptionnelle, avec des émissions colossales de gaz à effet de serre, et en ruinant les chances de sortir de la pauvreté des populations locales ».
Cette déclaration fait suite à la publication par l'association d'un nouveau rapport sur l'expansion massive de la monoculture d'huile de palme en Indonésie, générée par les importations croissantes d'agrocarburants des pays européens. Le rapport met en évidence déforestation, opérations illégales et conflits sociaux, malgré des approches volontaires de certification qui révèlent leur inefficacité. L'association demande que les pays européens mettent un terme à ces importations insoutenables qui dévastent l'Indonésie de manière accélérée, et s'oriente vers des modes de transport plus sobres et plus efficaces.
Le rapport des Amis de la Terre se focalise sur l'expansion des cultures d'huile de palme dans le grand district de Ketapang, à l'Ouest de Kalimantan en Indonésie. Il analyse comment la demande énergétique d'huile de palme européenne conduit à une extension des plantations d'huile de palme, et comment les approches dites de certification volontaire ne permettent pas d'éviter les impacts négatifs.
Il est publiée une semaine après l'annonce par la Banque mondiale d'un moratoire sur ses financements à l'huile de palme, après la publication d'un rapport d'évaluation interne dévastateur sur les conséquences sociales et environnementales des plantations financées (2). Pour Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes aux Amis de la Terre « Ce rapport est une nouvelle preuve accablante que les agrocarburants, d'huile de palme ou autres, ne sont pas une réponse crédible à la lutte contre les changements climatiques. L'Europe doit renoncer à cette fausse solution, remettre en cause son obligation de consommer 10% d'agrocarburants dans les transports, et se concentrer vigoureusement sur les solutions sans risques : transports publics et doux, efficacité énergétique du transport, et réduction d'une partie du transport par la relocalisation de filières économiques. »
Quelques chiffres extraits du rapport : dans les trois dernières années, le gouvernement du Ketapang a concédé des permis pour des plantations d'huile de palme sur 40% de la surface du district, en violation des lois pour protéger les forêts, l'environnement et les populations locales ; 39 des 54 permis sont situées sur 400 000 hectares de forêts protégées, incluant un parc national où vivent des orangs-outangs, menacés d'extinction. Au total, les permis couvrent 1,4 million d'hectares au Ketapang ; les violations légales sont les mêmes que les compagnies achetant les permis soient membres ou non de la « Table Ronde sur l'Huile de Palme Responsable » (Roundtable for Sustainable Palm Oil). 43% des terres achetées le sont par des entreprises membres de la RSPO ; les droits des communautés sont souvent ignorés.
Télécharger le rapport complet (En anglais)
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