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Changement climatique : du non-pétrole contre des millions de dollars |
| Écrit par Yves Heuillard Le 22 octobre 2009 | |
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Dans un article publié aujourd'hui par le journal Biotropica, des experts rendent compte d'une initiative de l'Equateur pour empêcher l'émission de millions de tonnes de gaz carbonique. L'initiative nommée Yasuni-ITT Initiative est simple : l'Equateur s'engage à ne pas pomper les 850 millions de tonnes de pétrole qui gisent sous la forêt amazonienne, plus exactement sous le Parc national naturel de Yasuni, en échange d'une rente annuelle.
D'après le Docteur Matt Finer de l'association Save America's Forest's "c'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un gouvernement abandonne l'exploitation du pétrole dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre". D'après le gouvernement de l'Equateur, ne pas exploiter le gisement évitera la production de 410 millions de tonnes de CO2. Selon l'article de Biotropica, le parc National de Yasuni et un endroit du monde d'une inestimable biodiversité, toujours habité par des peuples indigènes qui n'ont pas de contact avec le monde moderne. Les auteurs considèrent qu'il s'agit ici d'un test historique de notre appréciation de ce que l'humanité valorise le plus : le pétrole ou la préservation d'un espace naturel. L'article fait aussi le point sur la complexité économique de cette initiative. L'économie de l'Equateur est très dépendante du pétrole. Le manque à gagner du fait de cet abandon d'exploitation est de l'ordre de 350 millions de dollars par an. L'Equateur propose de compenser cette perte par l'émission de certificats liés à la valeur de la tonne de CO2 non émise. Selon Matt Finer, le fond lié à cette opération sera ouvert dès le début du mois de novembre avec l'approbation du Programme des Nations Unies pour le développement. L'Allemagne serait le premier pays à contribuer, à hauteur de 50 à 70 millions de dollars par an. Des représentants du gouvernement équatorien - y compris le président Correa qui se rendra au Royaume-Uni le 27 octobre - feront un tour du monde pour promouvoir l'initiative. Ci-dessous en vidéo le président équtaorien lors d'un discours au Summit on Climate Change à New York, le 22 septembre dernier.
L'iniatitive soulève de nombreuses questions. L'efficacité réelle en terme d'émissions est mise en doute. Comme le fait remarquer Remi Poncel du World Ressources Institute, "les acheteurs de pétrole vont de toute façon se tourner vers d'autres fournisseurs. Ainsi, à supposer que les certificats soient échangés sur le marche européen des crédits carbone, l'initiative ne donnera pas nécessairement lieu a une réduction des émissions de gaz à effet de serre". Par ailleurs, rien ne garantit, que le pétrole ne sera pas pompé un jour, dans une période où le prix en sera bien plus élevé du fait de l'épuisement des ressources. Selon les points de vue, l'opération peut être considérée comme vertueuse à trois titres : la protection de la forêt, la lutte contre le réchauffement, et la démonstration qu'une politique "post-pétrole" qui profiterait aux populations locales et au développement des énergies renouvelables est possible ; ou bien elle peut être perçue comme un révolver braqué sur la tempe de l'humanité : "je rase la forêt, je pompe ou bien tu paies".
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| Dernière mise à jour : ( 22 octobre 2009 ) |
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