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De nouvelles études et publications scientifiques internationales ayant été publiées récemment sur le Bisphénol A (BPA), l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) s’est autosaisie en octobre 2009 et a demandé à ses comités d’experts spécialisés de les examiner avec attention et d’auditionner le Réseau Environnement Santé. Sur cette base, l’Afssa conclut que rien ne permet de remettre en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire. Elle reconnaît toutefois des effets subtils du BPA, observés en particulier sur les rats après une exposition in utero, et la nécessité de poursuivre son expertise. Ce qui provoque l'ire du Réseau Environnement Santé qui demande l'interdiction immédiate du Bisphénol A.
Le Réseau Environnement Santé demande à Madame la Ministre de la Santé, ministre de tutelle de l'AFSSA, de prendre une décision d'interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires, "seule mesure susceptible d'arrêter la contamination maternelle et par voie de conséquence celle de la quasi-totalité des foetus". Pour l'association "il est donc urgent d'agir et de ne pas attendre, comme le propose l'AFSSA, les résultats d'études à venir. Il y a urgence, car le problème principal est la contamination du fœtus par sa mère et cette contamination est principalement d'origine alimentaire au travers des boîtes de conserve, canettes de boisson, films alimentaires, récipients, bouteilles d'eau et matériel électroménager en polycarbonate".
Ne pas trop chauffer les biberons
Le Bisphénol dans DDmagazine
DDmagazine a été parmi les premiers médias français, début 2008, à soulever le problème de la toxicité du Bisphenol A dans les biberons.
Tous nos articles sur le sujet.
L'Afssa, de son côté, recommande de chercher d’autres sources d’exposition au Bisphénol A que les matériaux au contact des aliments (poussières domestiques, eaux, contact avec les objets en polycarbonate). Elle rappelle aux consommateurs qu’une mesure simple de précaution est d’éviter de chauffer à très forte température l’aliment (eau, lait, soupes…) s’ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate.
BPA et problèmes de santé
Selon le Réseau Action santé, "en reconnaissant l'existence de signaux d'alerte, l'AFSSA revient clairement sur ce qu'était sa position jusqu'à maintenant, mais elle n'en tire pas les conséquences qui s'imposent. Les signaux d'alerte, dont elle fait état, sont multiples, car on dispose aujourd'hui de plusieurs centaines d'études mettant en évidence une grande variété d'impacts".
C'est ce que résumait la déclaration signée par les 38 scientifiques réunis lors de la conférence de Chapel Hill aux Etats Unis en 2007 : "le BPA est suspecté d’être impliqué dans les grands problèmes de santé actuels : cancer du sein, cancer de la prostate, diabète de type 2 et obésité, atteinte de la reproduction, problèmes neuro-comportementaux, maladies cardio-vasculaires… " .
Depuis cette conférence, les données se sont accumulées. 49 études ont été publiées entre mai et décembre 2009 qui confortent, sauf une, ce jugement. Fait nouveau depuis 2008, les études chez l'homme commencent à être publiées. Le Réseau Environnement Santé les résument ainsi :
- chez l'adulte: maladies coronariennes, diabète, troubles de la sexualité, diminution de l'efficacité de la fécondation in vitro chez les personnes les plus imprégnées en BPA
- chez l'enfant : troubles du comportement en lien avec l'imprégnation maternelle au BPA (étude publiée en octobre 2009). Cette étude américaine montre qu'au niveau d'imprégnation où est la population humaine, on retrouve ce qui a été observé dans 30 études chez l'animal (rat, souris, singe).
Les fabricants de plastiques satisfaits
L’association européenne des producteurs de matières plastiques, PlasticsEurope, et le syndicat professionnel des emballages plastiques et des emballages souples, ELIPSO saluent la position de l'AFFSA et rappellent que le bisphénol A n’est pas un additif ajouté au polycarbonate : "il fait partie de la composition de départ, mais après réaction par polymérisation, il n’existe plus en tant que tel, si ce n’est en quantités résiduelles infimes. Dans la pratique il n’existe pas de matériau totalement inerte, et le polycarbonate n’échappe pas à cette règle. Les migrations résiduelles de bisphénol A pouvant provenir du polycarbonate sont très inférieures aux seuils réglementaires".
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A vrai dire, nous serions même heureux de savoir, que ce sujet du BPA et des bébés à été largement porté à l'attention du public. Dans ce premier article nous précisions que le problème de la migration du BPA était connu auparavant, c'est la toxicité dans les biberons, et le projet de l'interdire qui était la nouveauté.