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Mercredi dernier, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils seraient pour l'interdiction du commerce international du thon rouge à la conférence de Doha, au Qatar. L'Union Européenne tiendra la même position au cours de ce congrès, qui débutera le 13 mars prochain. Pour que le thon rouge soit déclaré espèce protégée, deux tiers des 175 pays présents à Doha doivent y consentir. Cependant le projet a de nombreux détracteurs, dont le Japon qui consomme 80% des poissons péchés. Ces tergiversations sont une aubaine pour Mitsubishi. Plus connu de nos lecteurs pour ses voitures électriques, l'industriel contrôle 35 % du marché du thon rouge et ferait des stocks... [photo licence CC mttsndrs @Flickr]
Masanori Miyahara, délégué nippon aux Nations Unies, défend avec fermeté la position de son gouvernement. Le Japon « n'aura pas d'autre choix que de garder une réserve », si l'espèce devait être protégée. « C'est dommage », dit-il dans une interview téléphonique au New York Times, « mais c'est une question de principe ».
Des chiffres alarmants
Entre 1957 et 2007, les stocks de thon rouge ont baissé de 75%, dont 60% ces dix dernières années. (Selon des ONG de défense de l'environnement.)
Environ 60 000 tonnes de thon rouge sont prises chaque année, soit plus de deux fois le quota fixé par l'Iccat.
La France pêche environ 20% du total des prises, soit un business d'environ 15 millions d'euros par an.
Les consommateurs japonais peuvent payer jusqu'à 1000€ le kilo de poisson, soit 120 000€ pour une belle pièce.
En effet, les japonais se sentent personnellement attaqués par cette interdiction. Principaux consommateurs, ils seraient les plus touchés alors que, selon eux: « le thon rouge n'est pas en danger à ce point ».
Mais l'industrie nippone n'est pas née de la dernière pluie. Le conglomérat Mitsubishi, qui contrôle de 35 à 40% du marché, a pris les devants. Et cela dès l'été 2009 selon un rapport non-officiel posté sur le site World Fishing Today.
Le géant industriel aurait commencé à congeler et stocker une partie de sa pêche. Faisant ainsi un double bénéfice. En premier lieu, le cours du thon rouge augmente car il devient plus rare. Ce qui, au passage, ne manque pas d'attirer d'autre pécheurs dans le sillage de l'animal. En second lieu, si l'interdiction devait être effective, son stock prendrait une valeur inestimable. Les japonais s'arracheraient à prix d'or les quelques tonnes de thon restantes.
Mais tout n'est peut-être pas perdu. Selon une source anonyme du N.Y. Times, la Commission Européenne voudrait donner une dernière chance à l'Iccat (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique). Elle a pour charge la conservation des thonidés dans l'océan Atlantique et ses mers adjacentes. Des quotas de pêche drastiques pourraient permettre au stock de thon rouge de se régénérer.
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Et la France? Bruno Le Maire défend toujours une pêche moribonde au mépris d'une espèce menacée. Ca vous révolte? Agissez!
http://www.greenpeace.fr/thon-rouge/
http://www.facebook.com/pages/Cyberaction-pour-la-sauvegarde-du-thon-rouge-/266933986754