Les mesures de radioactivité en France seraient sous-évaluées

samedi 26 mars 2011 Écrit par  Yves Heuillard

Une première mesure positive a été obtenue aujourd'hui par le laboratoire spécialisé de l’Institut français de radioprotection et de sécurité nucléaire (IRSN) sur un prélèvement d’air effectué du 21 au 24 mars au sommet du Puy de Dôme (63). Selon l'Institut, le résultat obtenu est cohérent avec les prévisions et la concentration d’iode 131 ainsi mesurée correspond à un niveau de trace dans l’atmosphère, et ne représente aucun danger environnemental ou sanitaire. De son côté la CRIIRAD, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité - créée en 1986 après l'accident de Tchernobyl et le scandale lié aux informations mensongères des services français de radioprotection d'alors - estime que la mesure "sous-estime probablement le niveau réel de contamination" .

La méthode utilisée par L'IRSN vise à quantifier la présence attendue dans l’air d’éléments radioactifs sous forme de particules en suspension (aérosols) et d’iode radioactif (iode 131 notamment), et à suivre leur devenir dans l’environnement et leur impact éventuel sur la chaîne alimentaire (végétaux à feuilles et lait). Mais selon la CRIIRAD cette façon de procéder, ne mesure que l'iode sous forme particulaire, et ne tient pas compte de l'iode sous forme gazeuse. Elle indique que l'iode gazeux radiocatif pourrait constituer une part importante des rejets de la centrale de Fukushima.

Concernant l’Europe, rassure toutefois la CRIIRAD, "l’incidence de cette question sur l’évaluation des risques est très limitée". Au Japon en revanche les conséquences pourraient être graves. La CRIIRAD invite les laboratoires à documenter leur méthodologie de prélèvement afin que chacun puisse apprécier la portée des résultats qui sont diffusés.

Appel à la transparence

Rappelons que la CRIIRAD, dans un communiqué du 23 mars 2011, exposait sa colère et son indignation, du fait que "les chiffres relatifs à la contamination de l'air existent mais ils sont confisqués par les états ! ". Elle appelle à la signature d'une pétition "pour une transparence totale sur la radioactivité de l'air que nous respirons". 

Les chiffres en question sont ceux de 60 laboratoires d’analyses équipés de détecteurs de très haute précision répartis sur l’ensemble de notre planète avec l'objectif de détecter une possible violation du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICEN). 

Les résultats de ces mesures, dénonce la CRIIRAD qui n'a pas été autorisée à les consulter, sont transmis à quelques organismes officiels triés sur le volet et qui sont tenus de ne rien divulguer : "le réseau international de mesure est financé par de l’argent public. Les populations ont droit à cette information. Tous les chiffres doivent être publiés et non pas quelques chiffres soigneusement choisis par les autorités. Cette situation est choquante en temps normal, totalement inacceptable en situation d'urgence radiologique."

Au Japon, le porte-parle du gouvernement M. Yukio Edano, presse TEPCO ( Tokyo Electric Power Co.), l'exploitant des centrales de Fukushima, d'être plus transparent et plus rapide à fournir des informations au gouvernement. Il n'aura pas échappé à notre lecteur que depuis le début de la crise nucléaire au Japon, l'information est très parcellaire.

2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire samedi 26 mars 2011 Posté par JADDE

    Rappelons que a CRIIRAD, dans un communiqué du 23 mars 2011, exposait sa colère et son indignation, du fait que "les chiffres relatifs à  la contamination de l'air existent mais ils sont confisqués par les États

  • Lien vers le commentaire samedi 26 mars 2011 Posté par fox

    ca me donne surtout l'impression que la CRIIRAD se sent le besoin de justifier son existence.

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