Les entreprises les moins éco-responsables récompensées

vendredi 18 novembre 2011 Écrit par  rédaction

prix Pinocchio

Les Amis de la Terre en partenariat avec le CRID (Centre de recherche et d'information pour le développement) ont décerné heir soir, les Prix Pinocchio du développement durable. Cette année, plus de 13 000 internautes se sont exprimés pour élire leurs lauréats parmi les entreprises nominées : Vinci obtient ainsi le Prix Pinocchio dans la catégorie « Plus vert que vert », Tereos est récompensé dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » tandis que la Société Générale s'illustre dans la catégorie « Mains sales, poches pleines ». [illustration Amis de la Terre / CRID]

Les Amis de la Terre et leurs partenaires organisent chaque année depuis 2008, les Prix Pinocchio du développement durable pour illustrer le décalage entre les impacts économiques et sociaux des activités des entreprises françaises et le concept de développement durable qu'elles utilisent abondamment. Le prix n'est pas du goût de tout le monde, mais il est devenu un événement annuel attendu dans le landerneau de la responsabilité sociale et environnementale.

Vinci a reçu le prix « Plus vert que vert » avec 43 % des votes pour ses efforts de « verdissement » du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Les Amis de la Terre dénoncent qu'afin de compenser la destruction massive de terres agricoles, Vinci se contente de créer un observatoire agricole, une ferme de démonstration en face des parkings et une AMAP afin d' « encourager l'agriculture durable ».

Tereos est récompensé dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi ! » avec 41 % des votes. L'entreprise française implantée au Mozambique a été plébiscitée pour sa production d'agrocarburants. Selon les Amis de la Terre, Tereos détient en effet près de 100 000 hectares de terres cultivables qu'elle transforme en monocultures énergétiques, confisquant ainsi des terres agricoles fertiles aux populations locales. Alors que Tereos réalise 194 millions d'euros de profit, 70 % de la population du Mozambique continue de vivre sous le seuil de pauvreté.

Enfin, avec 45 % des votes, la Société Générale est récompensée dans la catégorie « Mains sales, poches pleines », pour son rôle de premier ordre dans le financement de la construction du réacteur nucléaire Angra 3 au Brésil, mené par Areva et très éloigné des conditions de sécurité du secteur.

Pour Romain Porcheron, chargé de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre « Les pouvoirs publics français et européens se refusent encore à encadrer de façon contraignante les activités de ces entreprises. L'approche purement volontaire de la responsabilité de ces sociétés a depuis longtemps montré sa totale inefficacité ».

Pour Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale du CRID : « Trop de populations au Sud sont toujours victimes des pratiques des multinationales et de leurs filiales. Il est urgent d'obtenir la responsabilité de ces entreprises et la réparation pour les victimes. Au-delà, c'est réduire notre consommation ici en Europe qui contribuera à sortir d'une surexploitation nocive des ressources naturelles ».