Acouphènes, troubles du sommeil et antennes-relais : des médecins montrent un lien

mardi 22 novembre 2011 Écrit par  rédaction

antennes-relais

L’Association Santé Environnement France (ASEF), qui réunit plus de 2500 médecins, a lancé une enquête pour évaluer l’impact des antennes relais sur la santé des riverains. Au cours du mois d’octobre, les médecins de l’association ont fait remplir des questionnaires de santé à 143 locataires des HLMs d’Aix-en-Provence et d’Aubagne. Ces HLMs ont été choisis parce que leurs toits abritent entre 12 et 14 antennes. L'association présente au « Grenelle des Ondes » en 2009, a beaucoup travaillé sur la question des ondes électromagnétiques et sur la gestion de la prise de risque collective. Elle dénonce des effets avérés des antennes sur la santé. Cet article à fait l'objet d'un droit de réponse de la part de la Fédération française des télécoms (reproduit à la suite).

Pour le Dr Patrice Halimi, Secrétaire Général de l’ASEF et Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence "les résultats de cette enquête vont dans le sens de l’étude Bortkiewicz publiée en Pologne en 2004 ou encore de l’étude Abdel-Rassoul menée en Egypte en 2007 qui faisaient toutes deux le lien entre les troubles du sommeil et de la concentration et la proximité des antennes relais ".  Le médecin évoque également l’étude Hutter réalisée par une équipe de chercheurs autrichiens en 2010 qui a démontré le lien entre antennes relais et acouphènes (consulter les études).

Les résultats de l'étude.

graphique - réesultats ASEF sur les antennes relais

43% des personnes interrogées se plaignent d'acouphènes (sifflements, bourdonnements, etc.), alors que seulement 15% des Français disent souffrir d’un tel problème. Idem pour les troubles du sommeil : 55% des locataires en souffrent, alors qu’on atteint seulement 32% sur la population globale. Enfin, 27% des sondés avouent avoir du mal à se concentrer, alors que c’est le cas de seulement 4% des Français. Fait troublant, 83% de ceux qui ont la chance de pouvoir partir en vacances voient leur(s) symptôme(s) disparaître au bout de quelques jours lorsqu’ils quittent leur domicile. 

Des citoyens de seconde zone...

Selon le Dr. Halimi, "les locataires rencontrés ont l’impression qu’on se moque d’eux. On ne leur a pas demandé leur avis pour savoir s’ils étaient d’accord pour qu’on leur implante des antennes relais sur leur toit. Ils ne touchent même pas d’indemnités financières pour ça et pourtant ce sont eux qui prennent et assument le risque. En tant que médecins, nous estimons qu’il n’y a pas ni patient, ni citoyen de seconde zone."

Droit de réponse de la Fédération française des télécoms

Cet article a fait l’objet d’une demande de droit de réponse de la Fédération française des télécoms, par courrier postal, le 6 décembre 2011. M. Jean-Marie Danjou, son Directeur Général Délégué, écrit :

Le 25 novembre, j’ai écrit à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES, ex-AFSSET) pour demander que soient évalués la méthodologie et les résultats de l’enquête de l’ASEF afin de pouvoir dire, sur la base de cette évaluation, si cette enquête remet en cause la position de l’état sur les antennes -relais.

Les résultats de l’ASEF qui feraient un lien entre la présence d’antennes-relais, des acouphènes et des troubles du sommeil, sont, en effet, contraires à la conclusion du rapport de l’ANSES en 2009 sur les radiofréquences, comme la position indiquée par l'Etat dans sa fiche de novembre 2011 sur les antennes-relais : « En l’état actuel des connaissances scientifiques, l’expertise nationale et internationale n’a pas identifié d’effets sanitaires à court terme ou à long terme, dus au champs électromagnétiques émis par les antennes relais. »

Enfin je note avec regret, que l’ASEF continue de véhiculer des inexactitudes dans son communiqué du 21 novembre alors même que nous lui avions déjà signalé ces inexactitudes dans son courrier en octobre.

M. Danjou nous joint la fiche de l’Etat sur les antennes-relais et la santé, le courrier d’octobre 2011 à l’ASEF, ainsi que son courrier de novembre 2011 à l’ANSES , en nous demandant de les porter à l’attention de nos lecteurs. Dans le souci d'informer nos lecteurs, et au delà de la stricte application du droit de réponse, nous aurons plaisir à publier ces documents dès leur réception sous une forme numérique adaptée à la nature de notre média (pdf).

Réponse de la FFT publiée le 9 décembre 2011