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Les micropolluants sont des substances potentiellement toxiques à des concentrations infimes, de l’ordre du microgramme par litre, dans l'eau par exemple. Leus effets sanitaires - cancers, asthme, obésité, baisse de la fertilité - sont préoccupants disent deux chercheurs suisses Nathalie Chèvre* et Suren Erkman**. Dans leur ouvrage "Alerte aux micropolluants", publié aux Presses polytechniques et universitaires romandes, ils alertent l'opinion sur le problème posé par ces substances contenues dans nombre de produits de consommation courante comme les shampoings, gels douche, biberons, détergents, cosmétiques ou médicaments. L'ouvrage, destiné à tous, donne aussi des recettes pour se protéger (et protéger l'environnement).
L’attention du public s’est récemment portée sur la présence du bisphénol-A dans les composants des biberons (désormais interdits) et autre produits de consommation dont les cannettes alimentaires et les boîtes de conserve (qui seront interdite en France en 2014). Le bisphénol n'est malheureusement pas la seule substance à être considérée comme un micropulluant.
En France, un plan national
Un plan national d’actions contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants a été mis en place par le ministère de l'Ecologie et du Développement durable pour la période 2010-2013. 21% des rivières et 40% des nappes souterraines seraient concernées par des pollutions chimiques. Plus d'infos ici.
D'après Nathalie Chèvre et Suren Erkman, des pesticides ou encore des nanoparticules, sont détectés en nombre dans les produits de consommation courante, alors même que leurs effets à long terme sur le métabolisme humain demeurent incertains.
« La prise de conscience de la problématique des micropolluants est si récente que le grand public, les milieux politiques et même la communauté scientifique ne semblent pas encore réaliser l’ampleur des enjeux », s’étonnent les auteurs de l’ouvrage.
L’impact potentiel de ce type de contamination dans l’environnement pose lui aussi question. La présence de pesticides et d’hormones dans l’eau potable est désormais avérée, et la communauté scientifique s’accorde à dire qu’il importe d’évaluer non seulement les risques liés à chaque substance, mais aussi aux effets combinés de leurs mélanges.
Une situation préoccupante
Les secteurs concernés par le problème sont innombrables : pesticides et agriculture, hormones et épuration de l’eau, additifs et alimentation, etc. Les conséquences toxiques ou génétiques de cette contamination planétaire préoccupent : cancer, asthme, obésité ou baisse de la fertilité, autant de spectres planant sur le consommateur non averti.
Pour la première fois, un ouvrage en français propose une synthèse accessible àtous les publics de la question des micropolluants et résume l’ensemble de la problématique des substances chimiques dans l’environnement. Avec le but avoué pour ses deux auteurs, Nathalie Chèvre et Suren Erkman, d’une prise de conscience de l’étendue réelle du problème, des risques associés, mais aussi des gestes simples à mettre en oeuvre, tant pour se prémunir que pour éviter de devenir l’acteur bien involontaire de ce type de pollution.
Editeur : Presses polytechniques et universitaires romandes. Collection Le savoir suisse. 140 pages. 12x18. Prix 10,90 euros
Les auteurs
* Nathalie Chèvre est écotoxicologue et travaille comme chercheuse et chargée de cours à l’Université de Lausanne. Ses recherches sont focalisées sur l’évaluation du risque des mélanges de substances chimiques. Etudes d’ingénieure en environnement, thèse à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et post-doc à Environnement Canada, Montréal. A travaillé plusieurs années à l’Eawag, Institut suisse de recherche dans le domaine de l’eau, sur la problématique du risque des pesticides et des médicaments.
** Suren Erkman est responsable du groupe écologie industrielle à la Faculté des géosciences et de l’environnement de l’Université de Lausanne. Après des études de Lettres (philosophie) et de sciences (biologie) à l’Université de Genève, il a exercé une activité de journaliste scientifique dans divers médias en Suisse et à l’étranger. Dès le début des années 1990, il a participé à l’émergence de l’écologie industrielle, sujet de son doctorat en sciences de l’environnement à l’Université de technologie de Troyes. Il a également créé plusieurs entreprises, notamment SOFIES (Solutions for Industrial Ecosystems) à Genève, ainsi que le ROI (Resource Optimization Initiative) à Bangalore, en Inde.
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