Un lien entre Bisphénol A et diabète de type 2

jeudi 09 février 2012 Écrit par  rédaction
Trois études récentes confirment que le Bisphénol A est impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme. Après l'interdiction en 2010 du  Bisphénol A dans les biberons, les députés l'ont également votée, en octobre 2011, pour tous les ustensiles et conditionnements alimentaires à partir de janvier 2014, et dès 2013 pour les contenants alimentaires de produits destinés aux enfants de moins de 3 ans. Reste que la loi n'est pas encore passée devant le Sénat. Au vu de ces nouvelles études, le RES (Réseau Environnement Santé) presse instamment le gouvernement d'inscrire la loi BPA sur l'agenda du Sénat pour son adoption rapide avant la fin des sessions parlementaires. Pour André Cicolella, Président et porte-parole du RES, "ces études montrent qu'au-delà du BPA, il faut mettre la question des perturbateurs endocriniens au coeur des politiques de santé publique". Pour le RES il s'agit de prévenir les cancers, les désordres métaboliques (obésité-diabète), les troubles de la reproduction et neuro-comportementaux.

L’étude la plus récente a été publiée le 8 février dans la revue PLoS ONE (« action insulinotrope rapide des faibles doses de bisphénol-A sur des îlots de Langerhans de souris et humains : le rôle de récepteur des oestrogènes ») [1]. Les auteurs font partie de l’équipe du Dr Angel Nadal de l'Université Miguel Hernandez Elche à Alicante, Espagne, qui a déjà publié de nombreux travaux sur BPA, diabète et obésité. L'étude apporte également la preuve que les résultats chez la souris peuvent être extrapolés à l'homme et que l’homme est plus sensible que la souris. 

Une étude publiée également en février menée en Chine auprès de 3390 adultes âgés de 40 ans ou plus trouve une association significative entre imprégnation au Bisphénol A et obésité [2].

Une étude publiée en décembre menée aux Etats Unis sur la population du grand programme NHANES (National Health and Nutritional Examination Survey) 2003-2008 a montré que les diabétiques ont un niveau d’imprégnation plus élevé en bisphénol A [3]. L’association diabète-BPA était retrouvée chez les personnes de poids normal ou en surpoids, indépendamment des facteurs de risque traditionnel du diabète.

Compte-tenu de son utilisation dans le monde entier, le bisphénol A apparaît de plus en plus impliqué dans l’épidémie mondiale de diabète, au côté des facteurs classiques que sont alimentation et sédentarité. En 1995, le diabète touchait 30 millions dans le monde. Aujourd’hui il affecte aujourd’hui près de 220 millions de personnes et les prévisions sont de 366 millions d'ici 2030.  

[1]. Soriano S, Alonso-Magdalena P, Garcı'a-Are'valo M, Novials A, Muhammed SJ, et al. (2012) Rapid Insulinotropic Action of Low Doses of Bisphenol-A on Mouse and Human Islets of Langerhans: Role of Estrogen Receptor b. PLoS ONE 7(2): e31109. doi:10.1371/journal.pone.0031109

[2]. Wang T, Li M, Chen B, Xu M, Xu Y, Huang Y, Lu J, Chen Y, Wang W, Li X, Liu Y, Bi Y, Lai S, Ning G. Urinary Bisphenol A (BPA) Concentration Associates with Obesity and Insulin Resistance. J Clin Endocrinol Metab. 2012 Feb;97(2):E223-7. Epub 2011 Nov 16.

[3]. Shankar A, Teppala S. Relationship between urinary bisphenol A levels and diabetes mellitus. J Clin Endocrinol Metab. 2011 Dec;96(12):3822-6. Epub 2011 Sep 28.  

 

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