La Nasa découvre un autre accélérateur de réchauffement climatique

dimanche 13 mai 2012 Écrit par  Yves Heuillard

Fonte de l'Ocean Arctique

On sait que d'énormes quantités de méthane sont emprisonnées dans le permafrost (1) des toundras arctiques et sous forme d'hydrates de gaz (2) dans les sédiments marins et que sous l'effet du réchauffement climatique ce méthane peut être libéré dans l'atmosphère. Le méthane étant lui même un puissant gaz à effet de serre (72 fois plus puissant que le CO2 sur les 20 années après son émission), sa libération contribue à augmenter le réchauffement, qui contribue à l'émission d'encore plus de méthane, qui contribue à encore plus de réchauffement et ainsi de suite ; c'est l'emballement climatique, phénomène catastrophique et incontrôlable. Un autre risque d'emballement vient d'être mis en évidence au-dessus des zones arctiques. [Photo Nasa] 

Une équipe de recherche dirigée par Eric Kort du Jet propulsion Laboratory de la Nasa a découvert des niveaux anormaux de méthane au-dessus de certaines régions arctiques. Ayant éliminé un lien possible avec des activités humaines, ou avec des émissions issues de zones humides (tourbières, marécages, fonte du permafrost), ou de réservoirs géologiques naturels, il fallait se rendre à l'évidence : c'est de l'Océan Arctique lui même que provient le méthane.

Des études récentes avaient montré que les eaux de surfaces de l'Arctique, sous la glace, pouvaient contenir du méthane, sans que son origine soit clairement établie. Les recherches menées par Kort et son équipe montrent que quand la glace fond ou se craque, le méthane est libéré. Les niveaux de méthane mesurés sont faibles (0,5% de plus que la normale) mais selon les scientifiques, l'immensité des surfaces en jeu, représente une nouvelle et substantielle source de méthane.

Notes

1) Permafrost : Sols des régions arctiques, principalement en Alaska et en Sibérie qui restent gelés au fil des saisons. Le permafrost est généralement recouvert d'une couche de terre qui dégèle en été permettant le développement de la végétation. Il représente 20% des surfaces terrestres (hors océans donc) de la planète. Le pemafrost pourrait augmenter de 35 % les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines (source)

2) Hydrate de gaz : glace dans laquelle une molécule de gaz, généralement du méthane est emprisonnée dans une sorte de cage constituée de 6 à 8 molécules d'eau. Quand la glace fond, le gaz est libéré et la glace peut donc s'enflammer. 1 m3 cube d'hydrate de gaz, donne 164 m3 de gaz (à la pression atmosphérique) et 0,8 m3 d'eau !

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