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À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, et à deux semaines de l'ouverture de la Conférence des Nation unies sur le développement durable à Rio (Brésil), Les Amis de la Terre France lancent une campagne pour dénoncer les dangers de la financiarisation de la nature. Ils décryptent dans une brochure « La nature n'est pas à vendre ! », les enjeux et impacts sociaux et environnementaux de « l'économie verte », qui entend multiplier les instruments et mécanismes de marché pour « gérer » la nature et le bien-être humain. Les Amis de la Terre organisent à cette occasion de nombreuses activités en France et participeront au Sommet des Peuples à Rio, qui se tiendra en marge de la Conférence officielle des Nations unies, pour faire valoir les alternatives à ce qu'ils considèrent comme une mainmise de la finance et des multinationales sur la nature.
Selon l'assocaition les acteurs financiers s'infiltrent chaque jour un peu plus dans la sphère de la nature et du vivant, avec comme résultat une aggravation des crises écologique, climatique et sociale : spéculation sur les denrées alimentaires, sur l'énergie, création des marchés carbone et bientôt, de marchés incluant les forêts et des écosystèmes entiers [1]
Les Amis de la Terre dénonce la logique suivante : les « services » fournis gracieusement par la nature seraient insuffisamment reconnus, et il faudrait donc leur donner un prix. Un groupe de banques, associées au PNUE-Finance [2], lancent d'ailleurs à l'occasion de Rio+20 une « Déclaration sur le capital naturel », qui traduit parfaitement leur vision de la nature comme un simple capital, et leur soutien aux mécanismes poussant à la financiarisation de la nature. Tout comme les acteurs financiers, les multinationales entendent se saisir des nouvelles opportunités de cette « finance verte », qui est un moyen de continuer leurs bonnes vieilles pratiques de rentabilité tout en affichant un prétendu comportement responsable.
Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Finance privée aux Amis de la Terre France commente : « Nous ne voulons pas de cette "économie verte" qui ne fait qu'accroître les injustices sociales et la crise écologique. Elle constitue un puissant levier pour réduire davantage la responsabilité des entreprises qui vont pouvoir contourner les législations sociales et environnementales, et s’approprier des biens naturels au détriment des communautés locales ».
L'association dénonce notamment les mécanismes de compensation qui permet aux entreprises, sic, "de continuer à polluer ou à détruire l'environnement sans remettre en cause leurs pratiques". Les Amis de la Terre dénoncent aussi le bilan désastreux des marchés carbone : "ils ont permis aux banques et multinationales de faire des profits, tandis que la crise climatique a continué à s'aggraver. De plus, les projets mis en œuvre pour obtenir des crédits carbone ont conduit à des violations des droits des communautés locales, et à de nouveaux accaparements de terres et de biens naturels".
Notes
[1] Il est prévu d'inclure les forêts et même l'agriculture dans les marchés carbone au travers notamment du mécanisme REDD+. De même, il existe déjà des projets de compensation biodiversité, comme ceux mis en place en France par la Caisse des Dépôts et Consignations. Ici la position des Amis de la Terre.
[2] Branche du Programme des Nations Unies pour l'Environnement, qui intègre des banques privées, ce qui permet, selon les Amis de la Terre "de faire passer leurs intérêts privés au travers d'une institution internationale qui est sensée défendre les intérêts publics".
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