OGM : le rapport qui accuse les autorités sanitaires

lundi 15 octobre 2012 Écrit par  rédaction

Couverture du rapport sur l'évaluation des OGM par Frederic JacquemartLes promoteurs des OGM, qu'ils soient scientifiques, ingénieurs ou politiques, se prévalent de baser leurs soutiens à cette technologie sur la Science avec un grand S. Mais, les évaluations de ces OGM sont-elles vraiment conduites dans la plus grande rigueur scientifique, comme ils le prétendent ? Rappelons que l'étude du Professeur Gilles-Eric Séralini sur des des rats nourris avec du maïs OGM NK-603 pendant 12 mois - au lieu de trois mois seulement pour les études nécessaires à l'évaluation par les autorités sanitaires européennes - ont montré un lien entre l'OGM en question et l'apparition de tumeurs (5 fois plus chez les rats nourris aux OGM). On peut donc légitimement se demander si les évaluations sur lesquelles se fondent les autorisations de mise sur le marché sont réalisées avec la rigueur nécessaire.

Frédéric Jacquemart est docteur en médecine, spécialiste de biologie médicale et docteur es sciences, président fondateur du GIET (Groupe International d'Etudes Transdisciplinaires), copilote de la mission biotechnologies de France Nature Environnement (FNE) et préside Inf'OGM, organe de veille citoyenne et d'information sur les OGM, depuis 2010. Il répond à cette question sur la rigueur et l'honnêteté des études d'évaluations publiques des OGM dans un rapport intitulé « Expertise des OGM, l’évaluation tourne le dos à la science ». Il vient d’être mis en ligne ici par Inf'OGM

Le rapport dénonce une série de biais scientifiques considérables dans les dossiers étudiés : tri des données, en ne retenant que celles qui sont favorables à l'industriel, puissance des tests statistiques si faible qu'on ne peut pratiquement rien voir (ce qui est pratique lorsqu'on ne veut rien voir), affirmations dépourvues de bases scientifiques, réponse malhonnête de l'AESA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) aux élus et ministres qui s'inquiètent de ces anomalies, conclusion d'innocuité basée sur « le poids de l'évidence », qui signifie qu'aucune donnée ne vient réellement étayer la conclusion.

Les conclusions du rapport sont de nature à montrer le dévoiement des institutions démocratiques européennes ouvertes à l'influence des lobbies. Dans leurs conclusions Inf'OGM et Frédéric Jacquemart accusent : « L'AESA n'est manifestement qu'une des instances qui fonctionnent comme des chambres d'enregistrement destinées à rassurer le public, au sujet des OGM, mais non à en assurer la sécurité ».

Les associations de défense de l'environnement saluent bien évidemment la publication de ce rapport. Pour François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, "alors que l’AESA vient de réagir dans un délai ridiculement court à la dernière étude de G E Séralini, en prétendant qu’elle n’avait aucune portée, cette agence ferait mieux …de faire son travail sérieusement et de s’assurer que les dossiers de demande d’autorisation d’OGM sont réalisés avec la meilleure rigueur scientifique possible".

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire mercredi 17 octobre 2012 Posté par Screugneugneu

    Il est clair que les évaluations des scientifiques de l'AESA ne plait pas aux anti-OGM lorsqu'elles concluent à  l'équivalence d'un maïs OGM avec un maïs non OGM. D'ailleurs, quels que soient les contrôles, les anti-OGM n'admettront jamais que ça puisse être équivalent pour le consommateur.

    Le jour où l'évaluation des risques sanitaires ne sera plus faite par des scientifiques payés par nos impôts, mais par des "comités citoyens", nous seront en grand danger.

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