La tribu indienne des Dongria Kondh sauve sa montagne sacrée

lundi 26 août 2013 Écrit par  Yves Heuillard

Femme indienne de la tribu des Dongria Kondh

En Inde, dans un triomphe sans précédent pour les droits tribaux, les Dongria Kondh ont massivement rejeté le projet du géant minier britannique Vedanta Resources d’ouvrir une mine de bauxite à ciel ouvert dans leurs collines sacrées de Niyamgiri. Une victoire qui donne un peu d'espoir aux quelques 650 tribus du pays qui luttent contre l'explotation minière, l'implantation de barrages ou de centrales nucléaires, qui menaceraient leur susbsitance, quand elles ne les obligeraient pas à quitter leur territoire. [photo extraite d'une vidéo de Survival International, voir ci-dessous]

Douze villages Dongria Kondh ont voté à l’unanimité contre la mine de la multinationale Vedanta au cours des consultations ordonnées par la Cour suprême indienne en avril dernier, invoquant le fait que leurs droits religieux et socio-culturels auraient été compromis par l’exploitation minière. 

L'association de défense du droit des indigénes, Survival International, fait état de manœuvres d’intimidation ainsi que l’acharnement de Vedanta pour obtenir leur accord. Il s'agissait d'exploiter un énorme gisement de minerai de bauxite (minerai d'aluminium), les 2/3 des réserves indiennes, dont une grosse partie est en territoire Dongria.

Depuis dix ans la tribu avait réussi à sensibiliser l'opinion mondiale. Survival International avait dénoncé l'usage de forces paramilitaires à la solde des intérêts miniers (voir en particulier cette video). Le Monde de 10 février 2010 comparait les Dongria Kondh à la tribu Na'vi qui, dans le film, tente précisement d'empêcher les humains d'exploiter les ressources minières de leur terre sacrée. La tribu avait même appelé à l'aide le réalisateur d'Avatar, James Cameron, via une publlcité dans la presse américaine. Amnesty International avait publié un film pour dénoncer l'atteinte aux droits de l'homme. Certaines organisations, comme l'Eglise d'Angleterre, avait vendu leurs actions de Vedanta, pour des raisons éthiques.

Les résultats des consultations vont être examinés par le ministère de l’Environnement et des Forêts qui aura le dernier mot sur le projet minier, mais certains craignent encore que le feu vert ne soit donné à la mine en dépit de la vive opposition. 

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