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Bio contre OGM : les paysans contre l'industrie

Écrit par : Yves Heuillard dans agriculture le  

pulvérisation aérienne de pesticides

Après les révélations de l’étude sur les OGM dirigée par Gilles-Eric Seralini, la filière bio considère que l’argent public doit maintenant être réorienté vers les filières agroécologiques alternatives, l’agriculture biologique en tête. Le bio et les OGM sont-ils compatibles ? [photo CC Tpmartins

La FNAB (fédération de l'agriculture bilogique), le SYNABIO (le syndicat national des entreprises du bio) et BioConsom’acteurs rappelent que les fabricants d’OGM sont des vendeurs de pesticides (les plantes sont génétiquement modifiées pour résiter aux pesticides, ou pour produire leur propre pesticide, ndlr). Ils considèrent qu'il faut mettre un coup d’arrêt à la malhonnêteté des procédures de mises sur le marché, liée à des études d’évaluation des risques non contradictoires, réalisées sur de très (trop) courtes durées : "en acceptant les seules allégations des firmes, les autorités publiques n’assurent pas leur fonction de contre expertise. Cette sous évaluation systémique relève de la seule responsabilité des pouvoirs publics, il faut immédiatement réévaluer toutes les procédures d’autorisations des biotechnologies et des pesticides, comme le réclame le CRIIGEN".

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Nicolas Defarge, chercheur à l'université de Caen présente l'étude "In Vivo" de l'équipe du Professeur Gilles-Eric Séralini lors de l'Assemblée générale du Syndicat national des entreprsies bio (SYNABIO) le 20 septembre 2012.

Mise en cause, par des scientifiques liés à l'industrie agro-alimentaire, Gilles-Eric Séralini considère "qu'il n'est pas question que ceux qui ont autorisé le maïs NK603 réalisent la contre-expertise de ses données, car il y aurait un conflit d'intérêt avec leur autorité et leur carrière". Le biologiste a par ailleurs expliqué qu'il pensait "également mettre en cause à la fois la compétence de l'EFSA et son honnêteté, au moins scientifique".

Attaqué systématiquement par ses pairs à la solde de l'industrie, la justice lui a donné raison en 2011 dans un procès en diffamation.

Les représentants de la filière bio rappellent encore que des dizaines de millions d’euros d’argent public sont consacrés à la recherche sur les biotechnologies en France et au déploiement d’une filière agro-industrielle (grand emprunt par exemple) : "Cette année encore, le gouvernement va inscrire dans le projet de loi de finances 2013 des centaines de millions d’euros de subventions à la filière agrocarburant, production intensive en pesticides, dont il faut rappeler que leur présence dans l’eau génère un coût de dépollution exorbitant de 54 milliards d’euros par an (citant une source du Ministère de l’Ecologie, ndlr)".

Le débat en cours, qui n'est pas nouveau, oppose les défenseurs d'une agriculture de paysans, de cultivateurs, de fermiers qui respectent la nature, l'environnement, et le consommateur, à une agriculture industrielle dont les acteurs sont des chefs d'entreprises agricoles et des ouvriers (le moins possible) qui mettent en oeuvre des semences (le moins possible), des produits chimiques (le plus possible), des procédures, des matériels conçus à l'échelle mondiale par quelques multinationales.

Les premiers s'attachent depuis des millénaires à adapter leurs productions aux terroirs par l'utilisation et la protection d'un patrimoine vivant créé par des centaines de millions d'années de sélection ; les deuxièmes visent à remplacer la nature par des produits standards génériques dont ils auraient la propriété exclusive. Et peu importe les conséquences sur l'environnement et la santé puisque ces conséquences ouvrent de nouveaux marchés (stations d'épurations, médicaments, eaux minérales, recyclage des déchets par exemple) aux mêmes industriels. "Les 8 premiers fabricants de biotechnologies, sont aussi les 8 premiers fabricants de pesticides et les 8 premiers fabricants de médicaments" dit Gilles-Eric Séralini qui dénoncent des méthodes d'évaluation laxiste et "des experts minables" (voir absolument la vidéo ci-dessous).

Entre les tenants d'un monde de paysans et ceux de l'industrie, le dialogue n'est probablement pas possible. Gilles-Eric Séralini dénonce la malhonnêteté avec laquelle les pesticides et les OGM ont été mis sur le marché (il pèse ses mots dans la vidéo ci-dessous datée de 2011). Les paysans (aujourd'hui les petits fermiers et les agriculteurs bio) sont détestés aujoud'hui de la même manière par les capitalistes qu'ils l'étaient par les communistes (voir ici l'article de George Monbiot sur la capacité des petits fermiers à sauver le monde).

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Pour en saoir plus : Tous cobayes ! Les effets toxiques graves d’un OGM et de l’herbicide le plus vendu au monde

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