Réchauffement climatique, plus que 50 mois pour agir
Écrit par : Yves Heuillard dans réchauffement le 3 octobre 2012
Dans une estimation plutôt optimiste, la NEF (New Economic Fondation1) considérait en 2008 qu'il ne restait que 100 mois pour atteindre le point de non-retour en matière de réchauffement climatique si rien n'était fait pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui il ne reste plus que 50 mois.
Dans 50 mois, les dés seront jetés(2), et l'augmentation moyenne des températures terrestres ne pourra plus être contenue en-dessous de 2°C, avec des conséquences imprévisibles, le scénario d'un emballement catastrophique du réchauffement (la fonte des glaces et le réchauffement des terres gelées amplifiant le phénomène), n'étant pas écarté. Cliquez ici pour voir le temps restant.
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L'estimation a été faite sur la base des prévisions du GIEC, le Groupement international d'experts sur le climat (IPCC en anglais). Certes pour nombre de scientifiques (dont James Hansen de la Nasa) et d'organismes de protection de l'environnement (dont 350.org), les mesures à prendre pour limiter le réchauffement à 2°C sont sous-estimées. Mais ce sont ces estimations dont il est question dans les discussions internationales, et sur lesquelles se sont accordés nombre d'états, dont l'Union Européenne. La limite même de 2°C est considérée comme la fin du monde pour l'alliance des petits états insulaires, qui seront submergés en partie, sinon rayés de la carte.
L'évaluation de la date butoir par la NEF correspond à celle faite par ailleurs par l'Agence internationale de l'énergie (IEA) dont le très sérieux rapport annuel conclut que "faute d’entreprendre des actions radicales d’ici à 2017, les infrastructures énergétiques déjà en place à cette date atteindront à elles seules la limite d’émissions de CO2 permises jusqu’en 2035 dans le Scénario 450 (le scénario qui vise une limite de +2°C, ndlr)".
Nos lecteurs sont familiers avec le phénomène du réchauffement climatique dont ils connaissent la gravité et l'irréversibilité des conséquences (la sécheresse de cette année dans le midwest américain est un exemple). Pourtant de façon plutôt extraordinaire, le réchauffement climatique ne figure plus au premier plan des préoccupations des politiques (sur ce sujet on pourra lire l'excellent ouvrage de Clive Hamilton "Requiem for a species") et certains envisagent les solutions terrifiantes de la dernière chance (notre article "le retour du docteur Folamour")
La plus extraordinaire aventure de tous les temps
Nombre d'économistes, de scientifiques, d'associations montrent que les changements radicaux de style de vie et de modes de productions nécessaires à la limitation du réchauffement climatique seraient la source d'une nouvelle prospérité. Nous sommes un peu dans la situation d'un commerçant en difficulté qui se verrait demander régulièrement un article qu'il n'a pas, répondant, "non nous ne faisons pas ça", sans jamais décider de répondre à la demande de ses clients - ce qui les rendrait heureux et sauverait son affaire.
Ce que la NEF nous invite à réaliser dans les 50 mois, n'est pas un ensemble de mesurettes de courte vue pour adapter l'économie et la société aux difficultés de bouclage des prochains budgets, c'est la plus grande et la plus extraordinaire aventure de tous les temps. En collaboration avec le quotidien anglais The Guardian la NEF nous invite d'ailleurs à y croire, avec les recommandations de 50 personnalités pour réussir notre mutation dans les 50 mois.
L'Europe, plus que toute autre région du monde, est en mesure d'en montrer le chemin, devenant de fait le modèle planétaire d'un développement économique et sociable durable, plus heureux et plus équitable, reprenant ainsi le leadership de l'économie mondiale, une autre économie.
Notes
* La Nef est un think tank indépendant et reconnu dont la fondation date de 1986. Elle vise a remettre les pendules à l'heure en matières économiques, environnementales et sociales, mettant en cause les modes de pensées traditionnels. Les fondateurs de la NEF étaient les leaders de "The Other Economic Summit" (l'autre somment économique) qui a amené le G7 puis le G8 à prendre en considération la question de la dette.
* En réalité il n'y a pas de ligne rouge déterminée de façon certaine. Une étude publié fin 2012 dans les Annales de l'Académie des Sciences des Etats-Unis, montre que cette incertitude empêche les nations de s'accorder sur des objectifs contraignants ou les amène à s'accorder mais sans respecter les accords.

Par André, 22 octobre, 2012
Par Greenmyst, 21 octobre, 2012
Par jipebe29, 18 octobre, 2012
http://www.dailymail.co.uk/sci...s-newsxml
Alors, ces prédictions de 100 mois ou de 50 mois, faites par des structures "dogmatiquement orientées" et sans aucune crédibilité, nous n'en avons vraiment rien à cirer...
Par cucufa, 06 octobre, 2012
je rejoins votre analyse. Il est vrai que les choses sont mal barrées mais le problème ce que ce n'est pas ou combat que l’humanité peut gagner ou perdre. Moins on agis, plus c'est pire. Chaque dixième de degré que l'on peut éviter est utile. La prise de conscience existe je pense il faudrait pouvoir structurer tout ça. Je sais que 350.org a formé des formateurs le mois dernier pour lancer le mouvement en France, la fermeture de fesseneinhm va mettre sur le devant de la scène l'explosion du nombre de centrales à gaz, le rapport du GIEC sort l'année prochaine... Il va y avoir une fenêtre médiatique à saisir.
Par Beta-Bloquant, 04 octobre, 2012

Parer au changement climatique, mais c'est très simple. Comprenez les enjeux, les intérêts, les solutions, les fausses solutions, les coûts.
