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Gas de schiste : résidus toxiques et radioactifs dans les rivières

Écrit par : Yves Heuillard dans pollutioneaucomprendre le  

parlementaire européen dénoçant les risques de la fracturation hydraulique

Une équipe de chercheurs a mis en évidence que les opérations de fracturation hydraulique en Pennsylvannie pouvaient engendrer des rejets de produits toxiques dans les rivières.

Une équipe de chercheurs de l'université américaine Duke University, a mis en évidence que les opérations de fracturation hydraulique, nécessaires à l'exploitation des gaz des schistes, donnaient lieu à des rejets de produits chimiques (composés chlorés, brome, strontium, radium, dont certains sont radioactifs), dans les cours d'eau qui alimentent les villes de l'ouest de la Pennsylvanie, dont la ville de Pittsburgh.

Notre photo d'ouverture

Devant le parlement européen, députés verts européens et militants éologistes dénoncent les risques de pollution des eaux potables par la fracturation hydraulique. C'était en 2012.
Photo "C European Union"

Rappelons que la Pennsylvanie, où l'on exploite les gaz emprisonnés dans la formation géologique des schistes de Marcellus, est le haut-lieu, et la référence mondiale, de la fracturation hydraulique. Soixante quatorze usines y traitent les eaux et les boues issues de la fracturation hydraulique avant de les rejeter dans les cours d'eau.

Des niveaux de radium 200 fois plus élevés

L'étude, publiée dans la revue Environmental Science & Technology, révèle en particulier des niveaux de radium 200 fois plus élevés que la normale dans les sédiments à la sortie d'une station de traitement des eaux de fracturation hydraulique. Un tel niveau leur confère, selon la législation, la nature de déchets radioactifs (précisons que le radium ne perd la moitié de sa radioactivité qu'en 1600 ans).

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Un article du Smithsonian Magazine (2) précise que les composés du brome, associés au chlore du traitement des eaux destinées au public, forment des composés toxiques (cancérigènes potentiels, ndlr) appelés halométhanes.

L'étude ne met pas en cause la fracturation hydraulique en elle-même, mais l'efficacité partielle des stations de traitement des eaux de fracturation, et la faiblesse de la législation. Les usines de traitement des eaux de fracturation ne sont pas conçues pour traiter les effluents radioactifs. Le faire rendrait l'opération beaucoup plus onéreuse. 

Notons que seuls 10 à 40% des eaux de fracturation hydraulique remontent à la surface par le puits, les 60 à 90% restants sont piégés dans les schistes et ne remontent pas (ce que conteste les défenseurs de l'environnement qui craignent aussi pour une pollution souterraine des nappes phréatiques). Selon la géologie du champ gazier, les effluents de fracturation sont traités dans des stations d'épuration, comme c'est le cas ici en Pennsylvanie, soit réinjectés dans des réservoirs géologiques profonds. 

L'étude fait partie d'un projet de recherche plus large (3) visant à mieux comprendre les effets environnementaux de la fracturation hydraulique, sujet très controversé. Les auteurs déplorent le refus de collaboration du gestionnaire de la station incriminée.

Pour le moment il n'existe pas de standard imposé par la réglementation pour le retraitement spécifique des eaux de fracturation (la loi américaine sur l'eau est antérieure au développement de la fracturation). Une étude de l'Agence fédérale américaine de protection de l'environnement (EPA) est en cours (4) pour déterminer les impacts sur la ressource en eau. Elle ne sera disponible qu'en décembre 2014, 17 ans après le début de l'usage commercial de la fracturation hydraulique à grande échelle dans sa forme actuelle.  

1) L'étude complète ici
2) Le projet de de recherche de la Duke University sur les effets de la fracturation
3) L'article du Smithsonian Magazine signé par Joseph Stromberg
4) Travaux en cours de la United States Environmental Protection Agency

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