Economisons 8 millions de tonnes de pétrole par jour
Écrit par : Alexandra Lianes dans études, comprendre, business le 2 mai 2008
A moins qu'il n'y ait un revirement des politiques énergétiques mondiales, la demande en énergie s'apprête à s'accélérer accentuant ainsi la pression sur l'économie et sur l'environnement. Pourtant, un investissement supplémentaire de 170 milliards de dollars annuel en faveur de la productivité énergétique* permettrait de réduire d'au moins de moitié la demande en énergie à l'échelle globale, soit l'équivalent de 64 millions de barils de pétrole par jour (environ 8,4 millions de tonne) et presque une fois et demie la consommation énergétique des Etats-Unis. Tel est le constat du très respecté cabinet de conseil international McKinsey, à l'origine d'une étude sur l'investissement en faveur de la productivité énergétique.
Inverstir 170 milliards de dollars par an dans la productivité énergétique générerait jusqu'à 900 milliards d'économies annuelles d'ici 2020. Ce sont les conclusions des recherches du McKensey Global Institute (MGI). Avec un retour sur investissement moyen de 17 %, un tel investissement pourrait générer des économies d'énergie jusqu'à 900 milliards de dollars annuels d'ici 2020.
L'efficacité énergétique est aussi le moyen le plus rentable de réduire les émissions globales de gaz à effet de serre (GES). Investir dans ce seul domaine permettrait de réduire de moitié les émissions de GES mondiales.
De plus, l'augmentation de la productivité énergétique ne demanderait qu'à utiliser des technologies existantes qui s'autofinancent libérant ainsi des ressources pour l'investissement ou la consommation dans d'autres domaines.
Le capital nécessaire à la portée des investisseurs
La somme annuelle requise pour agir dans le domaine de la productivité énergétique équivaut à 1,6 % d'investissement dans les biens d'équipement (en anglais fixed-capital investment) ou encore à 4 % du PIB mondial.
D'après MGI, c'est dans le secteur industriel mondial que la moitié des opportunités sont à saisir – soit un capital de 83 milliards de dollars par an ; 40 milliards de dollars pour le secteur résidentiel, environ un quart du total ; pour l'activité commerciale et le transport, respectivement 22 et 25 milliards. A l'échelle régionale : les pays de voie de développement réprésentent les deux tiers du capital requis; la Chine a elle seule compte pour 28 milliards, soit 16 % des investissements globaux ; 38 milliards pour les Etats-Unis, soit 22 % du total.
Pour surmonter les blocages d'aujourd'hui et aller vers une meilleure productivité énergétique, MGI a identifié quatre domaines d'action : la mise en place de standards énergétiques pour l'équipement et les appareils électriques ; l'amélioration de l'efficacité énergétique des nouveaux bâtiments et des bâtiments à rénover ; la révision à la hausse du standard pour l'efficacité énergétique dans les entreprises et la création nouveaux intermédiaires dans le domaine de l'énergie *. (à ce sujet notre lecteur se reportera avec intérêt au rapport du Milken Institute cité plus bas))
* La productivité énergétique
Comme la productivité du travail ou la productitivé du capital, la productivité de l'énergie mesure le ratio de la valeur ajoutée à l'énergie nécessaire pour la produire.
Consulter le rapport McKinsey (en anglais)
A lire aussi, le rapport du Milken Institute : " Financial innovations and application for energy services : toward a second green revolution " (en anglais)


