Grenoble : 8,5 hectares pour un écoquartier

mercredi 07 mai 2008 Écrit par  Alexandra Lianes

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Pas moins de 8,5 hectares d'anciennes casernes sont en cours d'aménagement pour donner naissance au nouvel écoquartier de la ZAC de Bonne, au coeur de la ville de Grenoble. Pour mener à bien ce projet, porté par la ville de Grenoble, il a fallu fédérer des nombreux acteurs du territoire : six acteurs contractuels et trois partenaires associés. Car le projet de la ZAC de Bonne c'est : 850 logements neufs, 15 000 m² de commerces, des restaurants, un hôtel de 100 chambres, 6 000 m² de bureaux, une résidence pour étudiants d'une centaine de studios, une école primaire de 15 classes avec une cantine scolaire et 5 hectares de parc urbain et de jardins en coeur d'îlot. Le terme écoquartier, rime avec consommation énergétique minimale, recyclage des déchets, récupération des eaux de pluies, équipements collectifs, espaces verts. Qu'en est-il exactement ici ?

La ZAC est inscrite dans le programme européen Concerto visant à réduire la consommation énergétique du secteur du bâtiment. Tous les projets (logement, équipements, bureaux) se voient imposer des exigences en terme de consommation d'énergie et de qualité thermique des bâtiments. L'objectif de la ZAC de Bonne est de réduire de 30 à 40 % la consommation d'énergie par rapport aux standards applicables dans les constructions traditionnelles (régies par la Réglementation thermiques 2005). On est donc encore loin des bâtiments dits passifs (voir notre dossier) qui, à notre sens, devraient être la norme, dès que l'on parle d'écoquartier (voir par exemple cet ensemble de logements zéro énergie en suisse).

Les 30 à 40 % d'économies d'énergie sur la base de la RT 2005, nous mènent, pour la zone la zone concernée, à une consommation d'énergie de l'ordre 65 kWh/m²/an, à comparer avec les 30 kWh/m²/an pour l'immeuble suisse de notre article cité en référence (pour un surcoût à la construction de seulement 15 %). C'est néanmoins un bel effort. Pour parvenir à ces performances, tous les bâtiments sont isolés par l'extérieur et équipés de menuiseries performantes pour limiter les ponts thermiques. Des solutions énergétiques renouvelables font également partie intégrante de chaque construction.

Les logements seront par exemple équipés de panneaux solaires thermiques produisant 45 % des besoins en eau chaude sanitaire ; les besoins en électricité et la moitié des besoins en chauffage seront couverts par des micro-générations (moteur à gaz, voir notre explication plus bas). Au final, l'objectif de consommation énergétique dans les logements est de 50 kWh/m²/an (énergie finale) pour le chauffage et de 15 kWh/m²/an pour l'eau chaude sanitaire. Dans les parties communes, la consommation électrique est fixée à 10 kWh/m²/an.

Il ne s'agit là que d'objectifs. Il reviendra ensuite aux occupants des logements d'adopter la DD attitude. Pour Patrick Le Bihan, directeur adjoint de la SEM SAGES (société d'économie mixte responsable de l'aménagement des casernes) cela passera par la distribution d'un guide des bonnes pratiques pour inciter les futurs habitants à s'équiper par exemple d'appareils électroménagers de la classe A (les moins gourmands en énergie).

Conception bioclimatique + énergies renouvelables = grandes économies d'énergie

Du côté de la zone commerciale, 1 000 m² de panneaux photovoltaïques produisant chaque année 110 MWh d'électricité seront installés en toiture. Le projet prévoit par ailleurs la construction d'un bâtiment à énergie positive (produisant plus d'énergie qu'il n'en consomme) de 1 600 m² pour accueillir des activités du tertiaire.
L'école primaire n'est pas en reste. Là encore, une attention particulière est portée sur l'isolation du bâtiment en bois et sur l'installation d'équipements économes en énergie. L'école consommera 50 kWh/m²/an pour ses besoins en chauffage, 2,5 kWh/m²/an pour l'eau chaude sanitaire et 16 kWh/m²/an pour l'électricité.

Cette nouvelle approche de la construction alliée aux performances des énergies renouvelables devrait permettre à la ZAC de Bonne de réduire la facture énergétique globale. Il est difficile de faire des comparaisons avec des bâtiments suisses ou allemands (qui ont une expérience de presque dix ans dans ce domaine), mais notre ambition est de le faire dans nos prochains articles. Il reste beaucoup à faire pour garantir la qualité thermique et écologique aux acquéreurs d'un logement. De ce point de vue, seul le label d'un organisme indépendant nous semble une solution acceptable.

*La microgénération, une idée toute simple.

Nos lecteurs, savent sûrement qu'une centrale éléctrique thermique (nucléaire ou à combustible fossile) rejette dans l'atmosphère (sous forme de chaleur) 2 fois l'énergie qu'elle fournit au réseau électrique (voir des explications ici). Ensuite une partie de l'électricité produite, de l'ordre de 6 ou 7 %, est perdue dans les câbles des lignes électriques et dans les transformateurs. Si l'on fabrique l'electricité sur le lieu de la consommation, on peut récupérer la chaleur pour le chauffage (en hiver au moins), et on évite les pertes dans les lignes. C'est le principe de la microgénération. En théorie, en hiver, on peut multiplier par 3 le rendement énergétique global de la production d'électricité.

Sur DDmagazine :

Notre Dossier : " Construction : de la RT 2005 aux maisons passives "

Notre article : " Un grand ensemble zéro énergie en Suisse "

Site du projet d'éco-quartier de Bonne
Site du programme européen Concerto

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