Ils veulent nous faire revoir les étoiles
Écrit par : Yves Heuillard dans société, éclairage le 23 mai 2008
Une trentaine de députés ont signé un projet de loi qui a pour objectif de faire des économies d'énergie et de protéger l'obscurité du ciel. Une proposition de loi qui vise, dans un article unique, à limiter l'émission de sources lumineuses sans nécessité et, selon nous, à redonner aux portes cochères une obscurité propice aux impétuosités de l'amour.
Le groupe de députés souligne que: « la pollution lumineuse, conséquence de l'augmentation, et souvent de la mauvaise qualité de l'éclairage artificiel public commercial et privé, contribue à la dégradation du milieu naturel nocturne par l'émission excessive de lumière due aux activités humaines ». La « mise en valeur des édifices à caractère commercial par un éclairage intérieur est en particulier de plus en plus disproportionné". Pour autant les auteurs de la proposition admettent la nécessité d'éclairer : Il ne s'agit pas de supprimer l'éclairage artificiel, mais de le raisonner de manière à réaliser des économies d'énergie.
l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN ) est plus radicale et exige des obligations de réduction de la puissance des éclairages et des coupures nocturnes. L'ANPCEN souligne aussi les effets nocifs d'un éclairage violent et permanent sur les animaux ( chauves-souris, insectes, vers luisants...).
Le Clan du Néon frappe la nuit
Encore plus radical le Clan du néon invite les internautes à éteindre discrètement, la nuit, les néons des boutiques et explique comment faire . Il invite les internautes à filmer leurs exploits et à envoyer leurs vidéos. Selon le site du clan des néons, "il suffit de désactiver les boîtiers néons", vidéo de démonstration à l'appui. Le site précise "que c'est un geste simple et non violent, qui ne dégrade pas les biens" et compte sur le buzz généré sur le web pour que le mouvement se diffuse, tout en reconnaissant l'intérêt des enseignes lumineuses. C'est avant tout l'utilisation abusive des néons au service de la publicité qui est visé par le clan du néon. Celui-ci incite ses fans à ne jamais agir sur un commerce ouvert, un café ouvert, une pharmacie ouverte. Il n'en reste pas moins que cette pratique, même si elle semble bon-enfant et symptahique, est illégale. En cas de pluie elle présente en outre un sérieux danger d'électrocution et engage la responsabilité des auteurs.
Retour à l'Assemblée Nationale.
L'exposé de motifs de la proposition de loi est lumineux ; mais il accouche d'une souris. Le texte proposé ne vise que les éclairages intérieurs des bâtiments commerciaux ou publics et non les dispendieux éclairages extérieurs des bâtiments et des monuments, ainsi que ceux de la voirie. Charité bien ordonnée aurait consisté à s'en prendre à soi même. On aurait donc aimé, que le texte soit plus général et s'attache à dynamiser l'innovation pour la réduction d'énergie, plutôt qu'a simplement réprimer les abus, une spécialité française.
Dans nos propositions pour la journée de la Terre, DDmagazine incitait à développer des technologies d'éclairages publiques capables d'anticiper le passage des piétons et des automobiles, de manière à baisser la puissance de l'éclairage quand il n'est pas nécessaire. De manière générale, il nous reste beaucoup à faire en matière de technologie d'éclairage. Les progrès des lampes de puissance à LED, promettent des économies substantielles, et ouvre des perspectives nouvelles à qui voudrait inventer. Voilà un marché qui nous semble prometteur.
Rendons quand même à César ce qui lui appartient. Le texte de loi proposé a le mérite de pointer du doigt un important gisement d'économie d'énergie, et, fait assez rare, de se référer au protocole de Kyoto. Quand on porte un regard concerné sur les éclairages fabuleux de certaines régions du monde, comme Las Vegas (photo ci-dessus) ou le quartier de Akihabara de Tokyo, on se persuade du bien fondé de l'intention.


La réglementation sur la récupération de l’eau de pluie permet depuis peu d’utiliser l’eau de pluie à l’intérieur de l’habitat pour les toilettes et le lavage des sols, et à titre expérimental pour la machine à laver. La nouvelle réglementation attendue pour 2009 devrait préciser le dispositif.
