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Yves Heuillard

Jusqu'au dernier poisson...

Écrit par : Alexandra Lianes dans industrieconsommationalimentation le  

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Les marins-pêcheurs sont en colère. En cause : le coût du gasoil qui plombe leur activité. Car pour un marin pêcheur, le prix du gasoil représente 15 % de son chiffre d'affaire, selon Philippe Gros, responsable exploitation durable à l'Ifremer. La flambée du prix du pétrole ne fait qu'empirer leur situation mettant en péril la rentabilité du métier. C'est peut-être l'occasion pour les marins-pêcheurs de prendre le tournant. C'est-à-dire de s'orienter vers une pêche plus durable.

Car le chalutage est la méthode de pêche la plus couramment employée par les pêcheurs français (70%) mais aussi la plus dévastatrice. Le chalutage de fond, qui consiste à traîner jusqu'à 2000 mètres de profodeur un filet de 500 mètres de large, est considérée comme la méthode de pêche la plus destructrice pour les fonds marins, d'après Greenpeace. Elle peut détruire en une seule pêche l'équivalent de la surface de 180 terrains de football.
Ce n'est pas tout. Le chalut n'est pas une méthode de pêche sélective. D'après Philippe Gros : « La pêche au chalut est la méthode qui produit le plus de rejets, en particulier le chalut à crevette qui pour un kilo de crevette remonte 5 à 8 kilos de matière  ». Le chalutage pélagique génère jusqu'à 35 % des prises -dites accessoires, d'après Greenpeace . Oiseaux, cétacés, requins ou poissons à trop faible valeur commerciale sont rejetés à la mer.
Enfin, les chalutiers sont très gourmands en gasoil. D'où la grève des marins-pêcheurs. Elle requiert, d'après l'Ifremer, 3 litres de gasoil pour 1 kilo de poisson. Une équation qui montre bien la stupidité des situations engendrées jusqu'aujourd'hui par l'énergie bon marché.
Il n'existe pas d'alternative durable miracle. Mais l'orientation vers des méthodes de pêche plus douces s'avère indispensable. Les chercheurs estiment que les espèces les plus couramment pêchées actuellement pourraient avoir disparu d'ici 2050 si aucune mesure n’est prise aujourd’hui.
En tant que consommateurs, nous avons notre part de responsabilité. Nous publierons dans les jours qui viennent un guide pratique pour une consommation durable du poisson.

 

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