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La plate-forme Sleipner de Statoil Hydro

Le journal Le Monde, dans un article du 19 mai 2008 consacré à la plate-forme norvégienne Sleipner de la compagnie StatoilHydro (production 39 millions de m3 de gaz par jour ), et par ailleurs pionnière de la capture et du stockage du gaz carbonique (CSC), présente cette technique comme l'une des voies prometteuses pour limiter le réchauffement climatique tout en faisant état des critiques de Greenpeace à son encontre. Dans une autre partie du monde, un petit phénomène géologique, très surprenant, a attiré l'attention de DDmagazine. Quel rapport ? (ci-dessus photo : Harald Pettersen / StatoilHydro)

Voyons d'abord le principe de la séquestration du carbone avec l'exemple de la plate-forme d'extraction de gaz naturel Sleipner de StatoilHydro en mer du Nord. StatoilHydro sépare le gaz carbonique (9,5 %) contenu dans le gaz extrait et le réinjecte dans le sous-sol, un aquifère salin (une nappe d'eau salée), situé à 800 mètres de profondeur ( un million de tonnes par an). L'opération nécessite à elle seule une centrale électrique d'une puissance de 6 mégawatt, à gaz, qui elle-même émet du CO2. Le gaz est co2-stockageinjecté sous forme liquide à une pression énorme de 60 bars. Dans ce cas précis le captage du CO2 est de toute façon nécessaire pour rendre le gaz compatible avec les normes européennes (2,5% de CO2 dans le gaz), et le coût est en partie compensé par des réductions de taxe (la Norvège taxe le CO2 à 43 euros par tonne). Toujours selon le journal Le Monde qui rapporte les propos de l'exploitant, les analyses faîtes par des géologues montre que le stockage est étanche. Une étanchéité à notre avis difficile à vérifier (sur des km² de fonds marins, où le CO2 liquide se dissoudrait dans l'eau). Cliquez sur l'image ci-contre pour voir une animation explicative de StatoilHydro.

Mais qui peut garantir que cette étanchéité durera...

L'exploitation du gaz et du pétrole, modifie considérablement l'équilibre des forces géologiques souterraines et des affaissements de terrain ne sont pas à exclure, ce qui provoquerait la libération du gaz mélangé à l'eau salée sous sa forme liquide. Encore une idée saugrenue de DDmagazine. Pas vraiment...

daisetta-sinkhole

Un tel phénomène vient de se produire dans la ville de Daisetta au Texas. Un trou s'est formé au début du mois de mai, d'abord de quelques mètres, le trou s'est transformé en un cratère de 300 mètres de diamètre sur 80 mètres de profondeur, avalant tout ce qui se trouvait au dessus. (Merci à Travis Hookham pour la photo ci-dessus ; voir son diaporama complet). Daisetta fut jadis une ville pétrolière, en témoigne encore des derricks en fonctionnement ici et là ; et les géologues avancent que le dôme de sel, au dessus des couches géologiques pétrolifères exploitées des années durant, peut avoir cédé sous la pression. Une autre hypothèse serait lié aux eaux salées, qui sont un sous-produit de l'exploitation pétrolière ; celles-ci doivent être réinjectées profondément dans le sous-sol pour éviter qu'elles ne contaminent les nappes phréatiques. Ces eaux salées auraient atteint le dôme de sel et provoqué sa dissolution partielle. En témoigne cette vidéo :

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Note de la rédaction

Nous reviendrons sur la séquestration du carbone. Le site Sleipner de StatoilHydro a été pris comme exemple dans cet article du fait de la volonté de transparence et de la disponibilité de la documentation mise à la disposition des journalistes par l'entreprise norvégienne. Il sert d'illustration à l'explication générale de la technologie et de ses risques, sans mettre en cause ce site ou cette entreprise en particulier. Il faut par ailleurs souligner que certaines roches, poreuses, sont capables d'absorber le gaz carbonique sur des épaisseurs importantes et d'en piéger les molécules dans leur structure atomique même. Une solution beaucoup moins risquée, mais moins immédiate que le pompage direct du gaz carbonique dans d'ancienne couche géologiques ayant contenu des combustibles fossiles. Des matériaux synthétiques capables de piéger le CO2 dans leur structure font également l'objet de recherches, notamment au CNRS.

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Commentaires (5)Add Comment
Re : vous n'y comprenez rien
Par yves, 13 juin, 2009
Merci de ces précisions, tout particulièrement la comparaison avec l'eau dans le sable qui est très explicite.

Mais vous qui apparemment comprenez tout du sujet, pourquoi ne pas vous faire connaître, et si vous êtes un professionnel du secteur pourquoi ne pas nous faire part de vos expériences plutôt que de lancez un arrogant et inutile "vous n'y comprenez rien" parce que nous avons employé "structure atomique" plutôt que - quoi d'ailleurs ? - "structure poreuse" peut être.
Dans tous les cas, les deux expressions n'auraient donné qu'une vue partielle des choses . Vous qui comprenez tout, savez que la séquestration du carbone dans le sous-sol peut être chimique (réaction avec des silicates, des carbonates, du charbon) - et dans ce cas n'est-ce pas la structure atomique des minéraux qui est affectée ? ; elle peut aussi résulter de la dissolution du CO2 ( dans l'eau généralement) ou bien enfin comme vous le mentionnez, le CO2 peut être piégé par la nature poreuse du substrat géologique.

Mais venons à l'essentiel. Au prétexte que ces aspects techniques sont difficiles à appréhender, faut-il refuser de poser une question très simple, à laquelle le plus humble des citoyens peut répondre : acceptons nous l'idée de faire du futur la poubelle du présent ?

Sur le fond la capture et le stockage du carbone ( CSC) comporte des risques exprimés par nombre d'organisations écologiques (Greenpeace), et organisations scientifiques ( Union of concerned scientists). Les aspect économiques de la CSC sont également avancés : accroissement de la consommation d'énergie des centrales thermiques ( de 15 à 40% selon les sources). D'autres dénoncent l'absence de cadre légal et de consultation démocratique sur le sujet. Il faut dire, que si tous ces gens qui n'y comprennent rien (mais dont les économies subventionnent les expérimentations de la CSC) se mettent à voter sur un sujet comme celui-là, alors où va-ton ?

Nous rappelons que ne sommes pas des chercheurs, ni des militants écologistes, ni des industriels, ni des politiques, nous faisons notre métier de journaliste et essayons, au bénéfice du plus grand nombre, de décoder des sujets complexes sur lesquels scientifiques et industriels ne sont-eux mêmes pas d'accord. Nous ne savons pas tout, nous sommes un média, nous interrogeons ceux qui savent ou disent savoir, votre participation nous est précieuse, soyez gentil de l'exprimer de façon constructive, et si vous nous attaquez, ayez le tout petit minusucule courage de vous présenter.
Cet article montre juste
Par Eve, 12 juin, 2009
que vous n'y comprenez rien!

- "piéger les molécules dans leur structure atomique" : non! Vous vouliez sans doute parler du "piégeage résiduel", qui n'a rien à voir avec la structure atomique de quoi que ce soit. C'est, en quelques sortes, l'eau qui resterait coincée dans du sable mouillé.

- Idem, la comparaison avec la cavité de sel n'a juste rien à voir sauf si vous savez qu'il y a une couche de sel su-jacente à Sleipner aussi. Dans ce cas là, dites-le! Sinon, au yeux d'une géologue, vous comparez deux terrain qui n'ont à priori rien en commun, c'est comme additionner des carottes et des navets.

Bref, de quoi douter de la pertinence de votre avis lorsque vous affirmez "Une étanchéité à notre avis difficile à vérifier (sur des km² de fonds marins, où le CO2 liquide se dissoudrait dans l'eau)."

Facile de tricher
Par Dédé Bisphénol, 28 mai, 2008
il est vrai que séquestration du carbone et marché du carbone ont les mêmes défenseurs. hors le fait que c'est un truc de folie, Il est vraiment facile de toucher les primes carbone, sans que personne ne puisse jamais vérifier si le carbone est bien séquestré...
...
Par porcfr, 26 mai, 2008
tu parles, le constructeur aurait installé un harpon et il aurait mis le reste du budget dans sa poche.
Tout est question de suivi technologique et de volonté politique et une forte opinion
sauve qui peut
Par lionel gaulier, 26 mai, 2008
la séquestration du co2 ou le médicament miracle pour un malade en phase terminale,la technologie au secours de la société et pourquoi pas envoyer des navettes spatiales chargées de co2(et de ch4 etc,etc) vidanger dans l'espace? ,du moment que cela fait marcher l'économie tout est possible.
Si le titanic avait eu un laser il aurait pu désintégrer l'iceberg.

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