Polluer plus pour réduire l'effet de serre
Écrit par : Romain Houette dans réchauffement, pollution le 27 mai 2008
Une équipe de scientifiques menés par V. Ramanathan de l'Université de Californie a utilisé des drones, c'est à dire des modèles réduits d'avions automatiques et autonomes, pour étudier le lien entre la pollution atmosphérique et le changement climatique. Leurs résultats indiquent que les nuages chargés de particules de suies émises par les centrales électriques, les voitures, les usines, obscurcissent la terre, contrebalançant en partie l'effet de serre.
Les observations sattelite de la Terre ne permettent pas une analyse détaillée de ce qui se passe dans les nuages. L'équipe du professeur Ramanathan utilisent donc des petits avions sans pilote (modèle Manta) de près de 2,5 mètres de long pour moins de 23 kg, qui opèrent automatiquement selon des plans vols établis par les chercheurs - ils ne sont pas télécommandés. L'objectif est d'étudier ces nuages sombres qui sont émis par les centrales électriques, les voitures, les usines et les autres grandes sources de pollution de l'atmosphère. Les Maldives, où l'air pollué émis par l'Inde forme des masses distincte dans le ciel s'avère être un endroit très propice à ce type d'études. Les avions Manta, qui peuvent voler à une altitude de près de 4 600 mètres et rester en l'air pendant des heures, ont mesuré la radiation solaire, la taille des gouttelettes d'eau en suspension dans les nuages, la turbulence, l'humidité, la température ainsi que d'autres facteurs.
Ces nouvelles technologies ont permis de mieux comprendre comment la pollution atmosphérique modifie le temps et le climat. L'équipe a découvert, par exemple, que l'augmentation du niveau de pollution atmosphérique (et tout particulièrement les micro-particules en suspension dans l'air) fait grimper l'albédo (le pouvoir réfléchissant) de l'atmosphère en quantité significative. Ceci signifie que la lumière du soleil est davantage reflétée vers l'espace. Pour nous au sol, ce déficit de lumière se traduit par un obscurcissement. Cette recherche aidera ainsi à créer des modèles climatiques plus précis. Elle suggère aussi que la pollution atmosphérique masque l'impact du réchauffement climatique, en gardant la planète quelque peu plus fraîche. D'un côté le CO2 renforce l'effet de serre, mais les micro-particules (émises par les automobiles par exemple) par leur effet obscurcissant tendent à en réduire les conséquences. Elle suggère ainsi que lorsque la pollution atmosphérique se réduira, le climat mondial deviendra encore plus chaud.
Ramanathan croit qu'il faut aller encore plus dans l'analyse des relations entre pollution et réchauffement climatique, et que l'utilisation de capteurs AUAV est un outil puissant pour mener ces recherches. Avec son équipe, il planifie d'utiliser l'AUAV pour étudier la pollution atmosphérique en Californie du sud et au large des côtes chinoises pendant les Jeux Olympiques prochains.
Pour en savoir plus
Sur Wikipedia : Qu'est-ce que l'albédo ?
Le communiqué de presse (en anglais) de la National Science Foundation (Etats-Unis).

Par Dédé Bisphénol, 27 mai, 2008
Par lionel gaulier, 27 mai, 2008

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