Le réchauffement climatique, c'est fini
Écrit par : Yves Heuillard dans Recherche, réchauffement, opinion le 3 décembre 2010
De la neige, du verglas, 40 départements français en alerte orange, -17°C en Eure-et-Loir, jusqu'à -22°C dans le Doubs, 20 à 40 cm de neige, le trafic perturbé, la France qui patine... "Je te l'avais bien dit le réchauffement climatique c'est fini, tout ça c'est du pipeau".
Tous les défenseurs de l'environnement du monde doivent faire face au scepticisme à l'égard du réchauffement dès lors que les faits immédiats semblent contredire les prévisions d'un enfer sur Terre qui arrive si lentement - au pas de quelques centièmes de dégré par an. D'autant plus encore que le réchauffement climatique n'est pas égalitaire, les Russes le voyant parfois comme une aubaine, les Africains comme un anéantissement.
Aussi dans ddmagazine.com
Aucune erreur possible la planète se réchauffe
L’Arctique : les nouveaux enjeux expliqués par Michel Rocard
Tous les ans, à peu près à la même époque (1) nous republions cet article mis à jour à la lumière des dernières connaissances du sujet. Car c'est le moment de l'année ou même la météo est contre vous...Et parfois les discussions deviennent passionnées, au point que vous en viendriez presque aux mains. Voici d'abord un conseil à ce sujet. N'essayez pas de convaincre les anti-environnementalistes par les mots. N'abordez pas le sujet si vous savez que vous avez en face de vous un agité du 4X4. Mourir pour la bonne cause, n'apporterait rien à la planète. Agissez, montrez l'exemple, et laissez dire. Soyez même diplomate, ne cherchez pas à avoir raison aujourd'hui ; vous aurez raison de toute façon, vos enfants, vos petits-enfants diront que vous aviez raison, c'est là l'essentiel.Un froid de canard, et pourtant...
Et pourtant selon l'Association mondiale de météorologie (World Meteorological Association) qui a publié le 2 décembre l'analyse des chiffres partiels de températures de 2010, "cette année comptera quasi certainement parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1850". La température moyenne à la surface des mers et des sols est supérieure de 0,55 degré par rapport à la période de référence, de 1960 à 1990. Sur la période 2001 à 2010 les températures sont en moyenne supérieures de 0,46°C comparées à période de référence. Les principales anomalies relevées concernent le Canada et le Groenland, la majeure partie du nord de l'Afrique, le sud de l'Asie, avec dans certaines zones, des températures supérieures de 3°C à la période de référence.
Dans son communiqué l'Association mondiale de météorologie nous rappelle les événements extrèmes de l'année, notamment les pluies torrentielles au Pakistan, la sécheresse en Russie avec des températures moyennes de juillet supérieures de 7,6°C aux normales saisonières, des témpéartures en Asie du sud qui ont atteint jusqu'à 53,5°C. Mais les températures hivernales ont eu aussi leurs extrêmes, en Russie centrale surtout mais aussi en Europe, avec des vents forts inhabituels (plus de 150 km/h) sur les côtes.
En octobre dernier national le National Snow and Ice Data Center de l'université du Colorado (U.S.A) indiquait que les glaces du Pôle Nord étaient à leur troisème niveau le plus bas (après les années 2007 et 2008) et tout indiquait que la tendance d'un déclin de long terme se poursuivrait.
2009, avait été la cinquième année la plus chaude depuis que des mesures existent. L'année 2008 avait été l'année la plus froide depuis 1997 [la température moyenne de la planète en 2008 était de 14,3 °], mais la dixième année la plus chaude depuis 1850 (date depuis laquelle nous disposons de statistiques fiables).
L'analyse de l'Association mondiale de météorologie est basée sur trois jeux de chiffres en provenance de trois sources de mesures différentes : l'université anglaise de East Anglia (Climatic Research Unit) avec l'Office météo britannique, l'Agence Américaine sur le Climat (NCDC), et le Goddard Institute for Space Studies de la NASA (GISS). Les trois centres de recherches confirment, avec des méthodes et des sources différentes des résultats quasi-identiques (ci-dessus diagramme de l'évolution des témpératures moyennes, selon les trois sources, dans l'ordre de citation dans le texte).
Selon le Met Office, l'Office météorologique anglais, les températures moyennes sont maintenant de l'ordre de 0,7 degré supérieures à ce qu'elles seraient sans l'effet de serre additionnel créé par les actvités humaines ; 2011 devrait être moins chaude que 2010 mais encore parmi les dix années les plus chaudes depuis 1850.
Ci-dessus le graphique publié par le Met Office jusqu'en 2007 et présentant les années le classement des années par rapport à une moyenne des années 1960-1990. En grand les 50 années les plus chaudes, dans l'encadré en haut à gauche, les 158 années depuis 1850. Les années ont un code couleur, par exemple les années en rouge appartiennent à la période 1990-2007, celles en mauve à la période 1850-1889.
La vidéo ci-dessous, toujours issue du Met Office (en 2009), montre les évolutions depuis 1950 et les prévisions jusqu'en 2100 (sauf à ce que des efforts phénoménaux soient entrepris). L'inégalité du réchauffement sur la planète est patente.
Comment expliquer
En ce qui concerne le froid de ces derniers jours, voici comment vous pouvez expliquer les choses à ceux qui vous font confiance. Précisez que le réchauffement climatique est une tendance qui se mesure sur des décennies. Mesurée sur une trentaine d'année par exemple, la température moyenne est nettement à la hausse, mais rien n'empêche d'avoir des années plus froides. Sur le graphique ci-contre, extrait d'un document du GIEC, la courbe douce représente la moyenne de l'evolution sur 10 ans, par rapport à une "normale" calculée sur la période 1961 -1990. La courbe aigüe montre les anomalies anuelles par rapport à cette évolution décennale. Ensuite le réchauffement n'a pas les mêmes effets sur toute la planète. Pour voir les endroits où le réchauffement sera le plus important d'ici un siècle, reportez-vous à notre article "Quelques degrés de plus, et alors ?"
Et puis l'une des conséquences de la pollution atmosphérique, nous l'avons vu dans notre article "Polluer plus pour réduire l'effet de serre" est d'obscurcir la terre et donc de moins laisser passer les rayons du soleil. La pollution masque donc en partie l'effet de serre. Ce qui fait parvoir dire que s'il y a un Dieu, il n'est pas DD.
Cet obscurcissement est encore amplifié par un phénomène très simple : la température s'élevant, l'évaporation augmente, et comme l'air est plus chaud, il peut contenir des masses d'eau plus importantes. Ceci se matérialise par des événements météorologiques plus marqués, des pluies diluviennes parfois, des orages plus violents.
"Le réchauffement climatique n'est pas la météo"
La nature plus chaotique de notre météorologie, avec des phénomènes extrèmes (pluies torrentielles, typhons, sécheresses) ne vous aura pas échappé. On a aussi l'impression, mais il s'agit de notre propre analyse, étayée par aucune étude scientifique, que lorsque le soleil luit, l'effet de serre se manifeste avec des températures plus élevées que la normale ; et qu'à l'inverse par temps couvert, l'effet d'une masse nuageuse plus importante domine avec pour conséquence des températures plus basses et des pluies parfois surabondantes. Certes notre analyse est très simplifiée, mais vous avez là de quoi bien expliquer, que le réchauffement, un phénomène tout juste perceptible à l'échelle d'une génération, n'est pas la météo.
Si je n'étais pas DD, je mettrais bien le chauffage à fond. Un bon pull fera l'affaire.
1) cet article a été publie initialement en 2008, mis à jour en 2009, puis mis à jour encore sur la base des derniers chiffres disponibles de la World Meteorological Association en décembre 2010. Nous avons conservé les commentaires des premières publications. Ce que nous disions le 18 décembre 2009 : "54 départements français concernés, le trafic perturbé, un froid glacial sur l'Europe avec des températures jusqu'à -28°C en Finlande, -20 dans les pays Baltes, -12 dans les Ardennes".
Liens Utiles
Le Goddard Institute for Space Studies, le laboratoire des sciences de la Terre de la Nasa
Le Met Office Hadley, le centre de recherche sur le climat de l'Office météo anglais
Le centre de recherche climatique de l'université de East Anglia ( UK)
Le site du GIEC, Groupement d'experts Intergouvernementaux sur l'évolution du climat (IPCC,en anglais)
Le Rapport 2007 du Giec (en français).

Par Michel1, 03 décembre, 2010
Par nicoalba, 11 avril, 2010
Par Mairi, 24 décembre, 2009
Par Vincent, 18 décembre, 2008

Parer au changement climatique, mais c'est très simple. Comprenez les enjeux, les intérêts, les solutions, les fausses solutions, les coûts.

Seul 2° pourrait dérégler notre condition climatique en nous faisant basculer vers une ere glaciaire... Et oui parce que meme si on parle de réchauffement c'est vers une période glaciaire que la terre va. Au cours de sa vie elle en a deja connu pas mal, mais pas avec un changement aussi radical. Notre impact sur la nature accélere les choses ! une théorie qui me parait loin d'etre absurde serait de dire que la température moyenne de la terre se réchauffe (effet de serre...) ceci est une vérité incontesté. Par contre comment passé vers une air glaciaire... c'est seulement la conséquence de se réchauffement. Les glaciers des poles commencent et continueront à fondre donc ... mélange d'eau douce dans l'eau sallé, dérèglement des courant marin et ainsi engendrant de nouveau climat plus froid... (Théorie exagéré dans le film : le jour d'après)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaciation