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Maison bioclimatique de concours

maison bioclimatique

Organisé tous les 2 ans par l'Observatoire des Énergies Renouvelables, le concours "Habitat solaire habitat, habitat d'aujourd'hui" récompense les réalisations bioclimatiques les plus innovantes. Nous vous présentons ici l'un des deux lauréats dans la catégorie des maisons individuelles.

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Isoler dans l'existant : par l'extérieur 9 fois sur 10

Écrit par : Alexandra Lianes dans isolationInterviewschantiers le  

isolation-exterieur-1.jpgLe secteur du bâtiment est à l’origine de 46 % de la consommation d’énergie finale. Le défi à relever : améliorer le parc résidentiel existant. Les deux tiers des 31,3 millions de logements existants datent d’avant 1975 et sont dépourvus d’isolation. Dans ce contexte, les travaux d’isolation en rénovatoin prennent toute leur importance. L'isolation par l'extérieur, la plus efficace thermiquement et la moins chère, a de beaux jours devant elle. Nous avons interviewé à ce sujet Jean-Pierre Veyrat, directeur patrimoine et renouvellement urbain à l’Office public d'aménagement et de construction (Opac) de Haute-Savoie.

Isoler par l’intérieur ou par l’extérieur , comment choisir ?

Sur de l’habitat traditionnel, neuf fois sur dix on isole par l’extérieur. On n’embête pas les habitants. On ne vide pas les logements pour faire les travaux. On ne rentre pas dans le logement.
Au niveau thermique, c’est ce qu’il y a de mieux. Il n’y a pas photo entre les deux techniques. Et même au niveau des prix. En rénovation, c’est tellement compliqué de rentrer chez les gens, de faire des dégâts sur les tapisseries, de faire déplacer les meubles que l’isolation par l’intérieur devient très chère parce qu’il faut plus de main d’œuvre et prendre davantage de précautions.  Alors que par l’extérieur, on travaille comme sur un chantier neuf sur un échafaudage…

Dans quels cas isole-t-on par l’intérieur ?

A priori on isole toujours par l’extérieur dans l’habitation sauf cas particulier. Par exemple pour les façades historiques. Cela représente environ 5 % des immeubles.
[DDmag : D’autres cas exceptionnels sont à considérer. Dans des maisons en pierre pour préserver la façade par exemple.]

Pouvez-vous nous donner une fourchette de prix ?

Aujourd’hui l’isolation par l’extérieur basique sans trop d’ouvertures démarre à 80 € HT du mètre carré avec le produit de finition. (NDRL : polystyrène + enduit). Dès que l’on est sur des produits de type bardage, des panneaux de bois, des panneaux de pierre, des produits traités, des produits en résine on dépasse les 200 € HT du mètre carré.
En rénovation, la TVA est toujours à 5,5 %.

Le prix dépend du matériau employé mais surtout de la configuration de la façade. Plus il y a de découpés, de décrochés, plus c’est cher. Et en plus, moins c’est bon thermiquement. Donc c’est une double punition car il y a plus de déperditions et c’est plus cher à traiter.

Le matériau pour l’isolation par l’intérieur est moins cher par rapport à une isolation par l’extérieur. C’est du simple au double. Par contre si l’on prend en compte tous les aspects du chantier : les tapisseries, les coffres de volets, les prises, les radiateurs… A la sortie, par l’intérieur on triple les coûts de main d’œuvre par rapport à du chantier neuf.

Quelles sont les limites de l’isolation par l’extérieur ?

En rénovation, il y a la façade historique que l’on isole par l’intérieur. Il y aujourd’hui certaines limites d’épaisseur. Par exemple la réglementation française ne garantit pas la tenue si on met plus de 10 cm d’isolant en polystyrène. Plus l’isolant est épais, plus il va avoir tendance à se décoller avec la force de l’enduit.

Il ne sert à rien de mettre une grosse épaisseur d’isolant sur les façades si par ailleurs vous avez plein d’ouvertures. Sur une façade percée de fenêtres, avec des vitrages moyens ça ne sert à rien.

Quelles sont limites dans l’épaisseur ?

C’est ridicule de mettre 40 centimètres d’épaisseur, de surinvestir sur la façade où vous ne perdez quasiment plus de calories alors que vous continuez à en perdre ailleurs. Il faut une cohérence. Lorsque l’on choisit une épaisseur, il faut une cohérence avec tout. Il y a un stade où l’on ne gagne plus rien.
Ensuite, ça dépend des bâtiments. En Autriche, il y a des expériences avec 40 centimètres d’isolant si on veut faire du passif. Au-delà de 30 centimètres, je pense que l’on est sur de l’habitat passif.

Vous parlez  beaucoup du polystyrène pour isoler par l'extérieur, pourquoi ? 

isolation-exterieur.jpgLe polystyrène est le produit classique le plus employé aujourd’hui. Je ne veux pas dire bas de gamme parce que ce n’est pas vrai. Il y aujourd’hui un débat sur les vertus écologiques ou pas du polystyrène. Moi je suis très modeste. D’une part le polystyrène est un matériau recyclable. Personne ne peut le contester. Ensuite il y a le cycle de vie du produit. C’est très complexe. Je préfère ne pas me prononcer là-dessus. 
Le polystyrène en tout cas est un bon produit pour l’isolation. C’est un bon rapport qualité prix, notamment en logemnet social. L’avantage du polystyrène c’est que vous pouvez mettre la couche de finition directement dessus.

D’autres matériaux, naturels, peuvent ils être utilisés en extérieur ?

Oui je pense que tout dépend du parement final que vous voulez. Vous ne pouvez pas mettre de l’enduit sur de l’isolant du type laine organique. Ou alors il faut remettre un autre panneau de bois avant de recouvrir. Quand on est dans du bardage, on peut mettre ce que l’on veut, du panneau ou du produit souple. On a beaucoup plus de liberté avec du bardage.

Peut-on chiffrer les apports thermiques d’une isolation par l’extérieur ?

Avec un produit classique de 10 cm de polystyrène sur une façade simple, sans trop de décrochés, on a un gain de l’ordre de 30 % dans un immeuble ou dans une maison standard des années 70. On va gagner 30 % sans difficulté par l’isolation par l’extérieur. Parfois beaucoup plus.

Les travaux d’isolation sont-ils amortissables ?

D’abord il faut sauver la planète. On ne raisonne pas comme ça. On est dans un système propriétaire/locataire. Lorsque l’on investit un euro, il faut que le locataire ait moins de charges.
Dans tous les cas, le raisonnement est de se dire : j’ai prévu une somme pour isoler mon bâtiment, où est-ce que je la mets ? Comment est ce que je vais l’investir pour avoir les meilleurs gains possibles ?
Parler de retour sur investissement ne veut rien dire. Car les 30 % d’économies sont calculés en fonction du prix du baril de pétrole. En deux mois, le cout du baril a été divisé par deux : il est passé à 150 à 70 dollars.  Je vous aurai donné le chiffre il y a deux mois, il serait faux aujourd’hui. Il faut résonner en se demandant quel est le meilleur rendement ou est ce que je vais gagner le plus en investissant un euro. C’est comme ça qu’on essaie de réfléchir.

La priorité est donc d’investir dans l’enveloppe ?

On n’a pas beaucoup parlé de toiture. Mais la première des choses c’est les combles, isoler la toiture. Ca ne coûte rien. Le temps de retour est minime. Après c’est la façade et après c’est les énergies renouvelables, changer le radiateur pour gagner 2 ou 3 % de rendement.

Aides financières 
Les travaux d’isolation, dans le cadre d’une habitation principale, exécutés et facturés par des professionnels, ouvrent droit à un crédit d’impôt de 25 % sur le matériel uniquement. Ce taux est porté à 40 % à la double condition que ces équipements soient installés dans un logement construit avant le 1er janvier 1977 et que leur installation soit réalisée au plus tard le 31 décembre de la 2 ème année qui suit celle de l'acquisition du logement.
Des performances minimales sont exigées. Pour un produit isolant, les exigences portent sur la résistance thermique R. Plus le R est important, plus le produit est isolant.
Exigences :
Plancher bas sur sous-sol, sur vide sanitaire ou sur passage ouvert  : R supérieur ou égal à 2,8 m² ° K/W
Mur en façade ou en pignon : R supérieur ou égal à 2,8 m² ° K/W
Toitures terrasses : R supérieur ou égal  à 3 m² ° K/W
Planchers de combles, rampants de toitures, plafonds de combles : R supérieur ou égal à 5 m² ° K/W
La résistance thermique doit figurer obligatoirement sur le produit.
Le crédit d'impôt au taux de 25% s'applique aux dépenses payées entre le 1er janvier 2005 et le 31 décembre 2009. Le crédit d'impôt au taux de 40% s'applique aux dépenses payées entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2009.

Note de la rédaction : cette interview a été réalisée à l’occasion d’une demi-journée de conférences et de retour d’expérience sur la rénovation énergétiques des logements individuels à la Roche-sur-Foron (Haute-Savoie). Cet évènement était organisé le cadre d’un plan de sensibilisation des professionnels du bâtiment à l’éco-construction, lancé par le Préfet de Région.
L’organisation de ces demi -journées est pilotée par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)  et sur le département de la Haute-Savoie par la CAPEB 74 en partenariat avec la Chambre de Métiers. L’objectif était de sensibiliser une centaine d’artisans en s’appuyant sur les différentes supports : une exposition mobile de 250 mètres carrés baptisée  l’«  R  » de l’éco-construction par la CAPEB ainsi que sur des ateliers thématiques.

Commentaires (1)Add Comment
Gains
Par Un particulier, 18 juillet, 2013
Bonjour,

Qu'appeler vous "On va gagner 30 % sans difficulté par l’isolation par l’extérieur"? Il s'agit de 30% sur quoi?

Combien peut-on gagner en degré l'été? (environ)

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