Démarche HQE : quelles exigences ?
Écrit par : Alexandra Lianes dans construction, comprendre le 17 novembre 2008
La démarche HQE (marque déposée), gérée par l’association du même nom est depuis plusieurs années au cœur d’une controverse. Créée dans le but de développer la qualité environnementale des bâtiments de manière concertée, l’association HQE a fait l’objet de vives critiques notamment par l’Ordre des architectes qui dénonce une démarche réductrice et minimaliste. Qu’en est-il de cette démarche ? Quels sont les niveaux d'exigence de la première démarche écologique apparue en France ? Décryptage.
En 1996, lorsque l’association HQE a vu le jour, elle faisait figure de pionnière en France dans le domaine de la construction durable. L’idée était noble. Rassembler les professionnels de la construction autour d’un double objectif : « améliorer la qualité de vie dans les bâtiments et préserver la planète ».
« Cette démarche a le mérite d’avoir contribué à sensibiliser les professionnels de la construction mais il faut aller au-delà », estime, le président de la Commisson DD de l’ordre des architectes.
Le problème : il s’agit d’une démarche volontaire. Et l'architecte Nicolas Ziesel jette un pavé dans la marre : « Il y a un problème de hiérarchisation des exigences et de niveau d’exigence. L’idée c’est de dire on va faire mieux que la réglementation. On peut toujours faire mieux que très mal. »
L’association HQE a donc longtemps souffert de sa démarche volontaire. Pour rectifier le tir, elle s’est engagée depuis 2004 dans une dynamique de certification. Les maisons individuelles, les bâtiments tertiaires et les logements collectifs peuvent faire reconnaître par un organisme indépendant, Cequami, la qualité environnementale de leur démarche et de leur réalisation.
Mais là encore, le niveau de qualité peut sensiblement varier entre un bâtiment où le constructeur respecterait les 14 cibles définies par l'association et pour chacune un niveau d’exigence poussé et celui qui respecterait le minimum.
Conscient de ces écarts, Christophe Bonnavent, directeur général de Céquami explique : « On a voulu s’entendre sur le minimum à respecter. On ne voulait pas une certification élitiste. La démarche HQE devait être accessible à tout le monde ». Car les limites sont aussi financières, poursuit le responsable, et dépend des moyens de chacun.
La qualité des matériaux
L'un des points forts de la démarche HQE, elle incite à utiliser des matériaux " à faibles nuisances environnementales", là ou la certification Effinergie, par exemple, n'a aucune exigence sur cet aspect. Mais l'association n'a pas su saisir cette opportunité, puisqu'un constructeur peut obtenir une certification sans obtenir de point dans cette cible.
Bref, la démarche laisse encore sceptique sur de nombreux points. « En aucun cas la démarche voire même la certification HQE toute seule garantit l'écologie du projet, en l'état actuel des choses », explique Raphaële Heliot, architecte spécialiste de la formation à l'éco-construction qui ne travaille pas du tout avec la démarche HQE.
Les 14 cibles de la haute qualité environnementale et les exigences
Pour une maison individuelle NF environnement, démarche HQE, la qualité technique et environnementale de chaque projet est évaluée sur la base de quatorze critères ( l'association parle de cibles). Par exemple, on trouvera dans les critères : la relation du bâtiment avec son environnement immédiat, la gestion de l'énergie, le confort hygrothermique, la qualité sanitaire des espaces.
Ensuite pour chacune des cibles, le constructeur définit avec le maître d'ouvrage ses niveaux d'exigence.
Pour chaque critère, il existe trois niveaux de performance : niveau de base, c'est-à-dire le niveau exigé par la réglementation (tous les critères doivent au moins satisfaire ce niveau), niveau performant, et niveau très performant. Chaque critère selon la manière dont il est respécté donne de 0 à N points (tous les critères ne sont pas notés selon la même échelle).
Pour obtenir la certification HQE, il faut que, pour les 14 critères, le constructeur obtienne 30 points au minimum sur un total de 110. Sachant que le constructeur doit obtenir un minimum de 19 points sur 45 maximum dans les trois critères suivants : chantier à faibles nuisances, gestion de l’énergie et gestion de l’eau. Le constructeur choisit ensuite les autres critères sur lesquelles il accentues ses efforts, en fonction de la demande du client.
La certification s'adresse uniquement aux constructeurs, pour des raisons réglementaires et de garanties, et non pas aux architectes. Un particulier qui souhaiterait passer par un architecte ne pourrait pas avoir la garantie qu'apporte la certification bien que Cequami travaille actuellement sur la question.
Les quatorze cibles de la haute qualité environnementale sur le site de Cequami
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c'est vrai que je ne savais pas trop quoi penser du HQE et qu'il se disait un peu tout et n'importe quoi....
Bravo pour ce concentré d'info !! ça aide à y comprendre quelque chose !
.... et toujours un plaisir de vous lire !! ;-)